La première chose à mettre au clair concernant la dette est que le chiffre comme tel n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est la
dette relative. L’indice le plus courant utilisé par les économistes semble être le
rapport dette/PIB. Pour une personne, on trouve ce ratio en divisant la dette par les revenus annuels. Dans mon cas, on a un taux très haut, dans les 170%, ce qui fait que je ne suis pas en bonne santé économique. Tous les experts ne sont pas d’accord sur ce que constitue un niveau d’endettement correct. Comme repère, on peut prendre le taux fixé par le traité de Maastricht, signé par les pays de l’Union européenne. Selon ce traité,
un ratio dette/PIB de moins de 60 %, pour un pays, est acceptable et ne compromet pas son avenir. Nous verrons que le taux du Québec est bien en deçà de ce taux, et qu’il n’y a pas raison de crier panique.
Qu’en est-il de la dette du Québec ?
En 2005, le ratio PIB nominal/dette était de 30,3%. Faut-il en pleurer ?
Selon le critère de l’Union Européenne, il semble que cette dette ne compromette pas notre avenir. Pour la même année, la dette fédérale affichait un ratio de 31,5%. Le Québec a donc fait mieux que sa contrepartie fédérale. Qu’en est-il de nos voisins du sud ? Les Etats-Unis ont une dette relative de 38,5% du PIB. Il me parait douteux de penser que c’est la gauche américaine qui en est la cause.
Ce qui est important, selon mes lectures sur le sujet, c’est que la dette relative publique soit contrôlée. Le taux dette nette/PIB5 est passé au Québec de 47% en 1997-1998 à 27.4% en 2004-2005. C’est un des plus bas ratios des pays de l’OCDE. Notons que le remboursement de la dette n’a eut qu’un effet minime. La large part de la diminution est due à l’accroissement du PIB.
La plus directe façon de réduire la dette (relative) n’est pas de rembourser, mais de générer une augmentation du PIB.
Le remboursement de la dette coûte cher. Les montants alloués au remboursement de la dette auraient davantage diminué la dette relative s’ils avaient été bien investis dans l’économie nationale. On dira que les taux d’intérêt sont faramineux. Deux points sont importants : 1- la hausse absolue du PIB est aussi très grande (i.e. les chiffres sont gros) et 2- 60% de la dette du Québec est sous forme d'obligations en grande partie possédées par des Québécois. Quand le gouvernement paie des intérêts à des Québécois(es), il en récupère une bonne partie en impôts.
Je me permet de citer quelques extraits d’un article en anglais de Jim Stanford, économiste à l’institut de recherche en politiques publiques (The dark side of debt reduction,
http://www.irpp.org/po/archive/apr04/stanford.pdf). Son article traite de la dette fédérale, mais le genre de propos se transpose bien:
Imagine if the CEO of a large corporation pledged his company would never again borrow a single dollar. “Debt is bad,” he might announce to the annual meeting. “Our company will steadily pay off the debt we have, and never take on any more.” Financial analysts would recognize this as a bizarre, superstitious way to run a business, and immediately commence efforts to have the CEO kicked out of office.
Suppose, too, that consumers decided debt is evil, and vowed never to go in the hole again. Some Canadians actually believe this; thankfully for our economy, most do not. Without debt, the typical consumer couldn’t finance their Christmas presents, let alone buy their house. Without debt, our economy would grind to a halt and the living standard of Canadians would suffer immensely.
How strange, then, that in Canada’s public sector, debt is now treated as the eighth deadly sin.
Like fiscal conservatives before him, Goodale cloaked his debt-reduction initiative in the language of common sense, “kitchen table” economics. The average households of the land have to balance their books, and so should government. “On the matter of debt,” Goodale said in the budget speech, “Canadians instinctively know that paying it down is the right thing to do — for themselves and for their government.” Easy, populist language — but is it true?
Est-ce le cas? Est-ce que ce genre de populisme simpliste que Mario affectionne aussi tient la route?
Debt must be handled with care, of course. No one can pile it on forever. But debt can be a rational and efficient mechanism for bridging time gaps between income and expenses, and for financing long-term investments. Consumers and businesses understand this point well. If we need to make a major productive investment, or if we can generate a higher return with borrowed money than the cost of borrowing, then it is economically beneficial to borrow. For government leaders to eternally swear off debt, even when it makes economic sense, is cheap political pandering.
"cheap political pandering": c'est exactement ce qui me semble être le cas. Au contraire:
Debt makes sense for governments (like households) which face short-term gaps between revenues revenues and expenses — resulting, say, from recession. In this case, debt allows government to sustain program spending until the economy (and tax revenues) recover. The alternative — cutting programs during the recession — makes the recession worse. Some provincial governments, like Ontario, are facing up to this reality; at the federal level, however, there’s no present need for a countercyclical deficit (barring a major economic downturn).
But new debt may also be the right course for governments making new investments in long-lived capital assets like badly needed repairs to transportation infrastructure, waterworks and other public facilities.
Rembourser la dette n'est pas le meilleure façon de la diminuer:
The federal government could undertake several billion dollars per year in new borrowing to finance these sorts of productive, long-lived investments, and yet its debt burden (relative to GDP) would continue to fall. The alternative is to either allow the public capital stock to continue to deteriorate, or else to invite private sector partners to finance the needed work with their own (higher-cost) borrowing. In either case, the failure of government to borrow is both economically inefficient and fiscally imprudent.
La conclusion de Stanford est:
At best, the government’s debt reduction timetable is a vague and economically meaningless gimmick, a promise that can be easily broken if it becomes difficult to achieve (much like the balanced-budget laws that were passed in many provinces during the 1990s, none of which is worth the paper it is printed on). At worst, this new timetable would consign Ottawa to amplifying future economic downturns, instead of helping to alleviate them. Either way, the government shouldn’t have done it.
Conclusion :
La réduction de la dette est purement du show off de politiciens pour dire au monde : regardez comme je suis un gestionnaire responsable. Votez pour moi car je suis beau et bon et je vous dis ce que vous voulez entendre. Je suis même prêt à faire tout ce que vous me demandez, même si ça ruinera le pays car vous ne comprenez pas les enjeux.[/b]