Y A-T-IL UN PILOTE DANS L'AVION?

Voir à la promotion des échecs au Québec !
Répondre
Avatar du membre
IndiagonalJones
Tour
Tour
Messages : 80
Enregistré le : lun. oct. 24, 2005 2:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Rive-sud de Montréal

Message par IndiagonalJones »

J’ai lu avec délectation (dois-je l’avouer ?) ce long « topic » qui m’a bien passionné (et depuis le début, si !), il faut le dire… Je dois reconnaître également que s’il y a un pilote ou non aux commandes, il est presque assuré qu’il y a à bord de l’appareil et de ce long « thread » une gang de tordus, d’hurluberlus et de sautés (ceci dit sans vouloir vexer personne, car c’est plus une manière de parler, car certaines choses très belles ont été également dites dans cette longue tirade) qui sévissent sur ce babillard (à ma grande joie d’ailleurs !) m’incluant moi-même dans cette catégorie bien sûr, histoire de faire les présentations d’usage en ce qui me concerne. Je dois donc être un (tout nouveau) vulgaire lombric sans grande envergure, mais prétentieux, doublé d’une innocence de taré pour oser ajouter mon grain de sel à l’affaire, alors que plusieurs membres d’une stature imposante et d’une certaine quadrature ont déjà donné leur opinion en ces pages avec moult d’arguments puisés au fin fond de leur conscience irréprochable.

Je vais donc y aller de quelques observations que la lecture de cet émouvant manifeste (dédié à la gloire des mathématiques et de la philosophie) m’a fait beaucoup songer d’ailleurs, ce qui à bien y penser a plus de rapport avec les échecs qu’on ne peut le supposer à priori.

En ce qui concerne l’allusion au « chat de Schrödinger » dont nous parle Denis Robitaille à un moment donné, il faut savoir qu’il s’agit d’une tentative d’explication plus ou moins rationnelle pour essayer de démontrer les lois de la mécanique (ou physique) quantique dans l’infini petit (comme des grandes lois de l’univers finalement) auxquels font référence quelques membres dans ce « thread ». Comme la physique quantique se rapporte donc à l’atome (l’infiniment petit) et qu’il faut savoir que le nombre de possibilités de coups aux échecs dépasse le nombre d’atomes dans l’univers, vous voyez que nous nous éloignons pas trop du noyau des échecs que constitue ce « thread » malgré ce que pouvaient en penser plusieurs.

Ne connaissant pas grand chose à la mécanique quantique, je vais quand même rapporter ci-dessous l’expérience du chat de Schrödinger (en fait il s’agit d’un paradoxe) et tenter une rationalisation du phénomène quantique afin que tout cela soit plus clair dans nos esprits et/ou encore plus confus (c’est selon).

L'énoncé actuel de cette expérience est le suivant :

« Un chat est enfermé dans une enceinte en acier (dans certaines versions de cette expérience, il s’agit d’une boîte, mais peu importe). Dans un compteur Geiger (qui mesure les désintégrations radioactives) on trouve un peu de substance radioactive, si peu qu'en une heure un seul atome se désintègre avec une probabilité (quantique) ½. S'il y a désintégration, le compteur relâche un petit marteau qui brise une fiole contenant de l'acide cyanhydrique (ou tout autre poison), ce qui entraîne l’empoisonnement le chat. On laisse mariner l’ensemble pendant une heure. La fonction d'onde de tout le système, qui est devenu quantique, est une superposition linéaire à poids égaux de l'état « chat vivant » et de l'état « chat mort » il devient donc difficile de se reprrésenter une image claire de cet état quantique du chat, la question se pose donc sur la cause de la mort du chat, car ce n'est qu’en observant ce dernier que l'on pourra constater si celui-ci est mort ou vivant. Autrement dit, on réduit le paquet d'ondes, transformant le chat de « [(Vivant)+(Mort)] en (chat mort) ou (chat vivant). On conçoit aisément que cette expérience de « pensée » ait choqué physiciens et philosophes. En fait, ce paradoxe a été 'résolu', de manière plus ou moins satisfaisante selon les physiciens, par l'introduction d'outils mathématiques empêchant de rendre le système macroscopique quantique. Mais il est facile de voir que ce type de réponse ne suffit pas: quelle est la limite entre le macroscopique et le quantique, et si limite il y a, est-elle arbitraire, aléatoire ou découle-t-elle d'un principe physique, connu ou inconnu ? »

Pour une tentative d’explication plus claire :

Selon les principes de la mécanique quantique, tant qu'on ne regarde pas dans l’enceinte (ou la boîte), le chat est les deux à la fois : il est vivant et mort! Les deux états se superposent simultanément.
C’est le principe de superposition d’état. Ce principe postule que les caractéristiques d'un atome, d'une particule ou d'un système quantique en général constituent un état. Or, quand un système à plusieurs états est possible, la somme de tous ces états est également un état possible! Le système se trouve alors dans une superposition d'état. C'est grâce à ce principe qu'une particule peut occuper plusieurs positions en même temps ou qu'un atome peut se trouver dans un état de superpositions d’énergies. Ce phénomène est bien sur impensable dans l'univers classique. Le simple fait de mesurer fait disparaître la superposition d'état au profit d'un seul. Mais pour en revenir à cette superposition d’états, cela fait même apparaître la possibilité et même la probabilité d’univers parallèles également.

Singulièrement amené, cela veut dire qu’avant l’avènement de la physique quantique, on croyait qu’il ne pouvait avoir que deux états, soit l’état « vivant » OU l’état « mort » du chat, mais il a été démontré que paradoxalement, suite à une retentissante expérience scientifique de physique très complexe (on en doute même pas !) réalisée en 1996 par les français Jean-Michel Raimond, Serge Haroche et Michel Brune a permis de confirmer le phénomène de « décohérence » et qui a permis de "voir" le glissement progressif du "ET" quantique au "OU" classique.

Nous sommes donc confrontés à deux constatations contradictoires. Le monde quantique semble exister en marge de l'univers et pourtant on a pu constater que l'observateur perturbe l'objet quantique quand il l'observe, le monde extérieur ne semble donc pas exister de façon totalement indépendante! La recherche du lien entre la mécanique quantique et les lois de l'univers reste donc un des plus grand défi de la physique.
Pour en revenir au chat, puisque ce dernier ne peut être considéré comme un observateur (Pourquoi ? Cette question est évidemment la première qui vient à l'esprit, et aussi celle ayant la réponse la plus frustrante, sous forme d'une autre question : Le chat peut-il avoir conscience d'être mort ou vivant ?), nous en sommes ramenés à des propos hors considérations métaphysiques, le chat ne peut avoir conscience par définition que d'être vivant, et ne peut donc constituer un observateur valable.

Pour en revenir à l’observation du chat (mort ou vivant), c’est donc la conscience de l’observateur qui tranche entre les deux états (première hypothèse) et dans l’autre (seconde hypothèse), la conscience n'intervient pas, les deux états A et B se séparent bien lors de la mesure mais rien ne vient trancher entre eux. Résultat : ils survivent dans deux univers parallèles ! Le chat est mort dans un univers et vivant dans l'autre ! Notre conscience existe dans l'état A dans le premier univers et dans l'état B dans le second. Comme nous réalisons sans cesse des actes d'observation, cela voudrait dire qu'à chaque fois, nous nous dupliquons. II y aurait ainsi une infinité d'univers parallèles, sans possibilités de communication entre eux, où nous existerions dans une multitude d'état différents!
Ce point précis peut poser un autre problème philosophique très troublant: La réalité objective (s'il elle existe indépendemment de l'esprit humain) est-elle accessible ? Ou sommes-nous condamner à n'observer qu'un monde d'apparences trompeuses?

Dans cet optique, il n’est plus donc utile de savoir qu’elle est la nature même de l’essence de la conscience humaine comme en parlait si bien durant leurs échanges Daniel Papineau Esq., Nicolas Fillion, Guillaume Pilote, et cie sur ce « post » puisque le paradoxe du chat de Schrödinger a déjà déclenché les passions parmi les physiciens et les philosophes. Car il pose un vrai problème, celui de la mesure en physique quantique ou de la nature même du monde qui nous entoure :
En gros, est-ce la mesure ou l'observation qui décide vraiment si le chat est mort ou vivant? En d'autres termes, sont-ce les mesures, les observations qui décident de la réalité des choses? Alors, si les humains n' existaient pas, le monde n'existerait pas non plus ! Certains physiciens (une petite minorité) ont répondu « oui » à cette question épineuse en suggérant des solutions bizarres comme les deux hypothèses exposés ci-dessus.

Dans tous les cas, cette expérience de pensée et son paradoxe associé ont aujourd'hui pris valeur de symboles centraux de la physique quantique. Qu'ils servent à supporter un aspect de cette théorie ou qu'ils servent à défendre une option théorique divergente, ils sont appelés à la rescousse pratiquement à chaque fois que la difficile convergence entre la réalité macroscopique et la réalité microscopique (une situation caractéristique du monde quantique) est observée ou supposée.

On pourrait même rapatriée cette expérience paradoxale du chat de Schrödinger à la « garnouille » (grenouille) cuite lentement dans l’eau bouillante de Jean Hébert (et qui m’a fait beaucoup rire) en mettant un couvercle sur le chaudron contenant la « garnouille » et on ne sait plus quand celle-ci est morte ou vivante selon la théorie quantique. Remarquons, qu’il suffirait de la mettre dans un récipient en verre avec une échelle alors qu’elle est sur le feu pour qu’elle nous donne la météo avant de trépasser. Reste à savoir si le temps se maintiendra selon sa cuisson.

Mais pour résumer ces quelques données sur la physique quantique d’une façon plus générale, voici :

« La mécanique quantique est la théorie qui décrit le monde microscopique des atomes et des particules. Développée au début du XXe siècle, cette théorie a grandement remis en question la physique classique, héritage d'Isaac Newton et de Galilée. Pendant longtemps on a cru que le fonctionnement du monde atomique, inaccessible directement à nos sens, était similaire à celui du monde macroscopique, celui de la vie de tous les jours. On croyait, par exemple, que l'atome ressemblait à un système solaire miniature, les électrons jouant le rôle de planètes autour du noyau de l'atome. Mais il n'en est rien. Qu'est-ce qu'un électron? Voilà bien le problème : il est extrêmement difficile de donner une explication simple car, selon les principes de la mécanique quantique, la nature d'un électron (tout comme celle d'un proton, d'un neutron ou de toute autre particule) ne correspond à aucune image familière de la vie de tous les jours.
Voici brièvement six caractéristiques fondamentales de la physique quantique. Certaines sont très déroutantes et sans équivalents dans la vie courante.

1. La dualité onde-corpuscule: Une particule subatomique peut se comporter à la fois comme une onde (l'équivalent d'une vague) et un corpuscule (l'équivalent d'un petit caillou). En fait, elle n'est ni l'un ni l'autre : c'est une entité beaucoup plus abstraite qui, selon les situations, donne l'impression de se comporter soit comme une onde, soit comme un corpuscule. La même chose s'applique pour la lumière. (On appelle les particules de la lumière des photons).

2. L'indéterminisme : Contrairement à la physique classique, la mécanique quantique n'est pas déterministe, c'est-à-dire que les mêmes causes ne produisent pas nécessairement les mêmes effets. Dans des conditions initiales identiques, le choix entre les différents effets se fait au hasard. Mais attention : ce n'est pas un hasard superficiel dû à notre ignorance de certains paramètres - comme lorsqu'on joue à pile ou face, par exemple, où le hasard n'est qu'apparent puisqu'on ne connaît pas exactement la position initiale de la pièce, la force du coup de pouce, etc. Au contraire, le hasard quantique est authentique et irréductible; c'est une loi fondamentale. Ainsi, contrairement à l'image classique de la physique de Newton, l'univers n'est pas réglé comme un gigantesque mécanisme d'horlogerie.

3. Le principe d'incertitude de Heisenberg: On ne peut pas connaître précisément à la fois la position et la vitesse d'une particule. En fait, ce principe va beaucoup plus loin: en général, une particule ne possède pas de position et de vitesse bien définies. N'étant pas l'équivalent d'une minuscule bille, une particule ne se déplace pas en suivant une trajectoire ordinaire et elle n'a donc pas simultanément de positions et de vitesse précises. Tirées de la vie courante, les concepts de position et de vitesse sont des notions classiques qui perdent leur sens dans le monde quantique.

4. Le principe de superposition: Une particule peut être à deux endroits en même temps. On dit que la particule est dans un état superposé: à la fois ici et là-bas. Cette caractéristique est celle qui conduit aux effets quantiques les plus déroutants: l'interférence des particules de matière et la non-localité.

5. La non-localité: Dans certaines situations, l'observation d'une particule à un endroit peut influencer instantanément l'état d'une autre particule à un autre endroit, aussi lointain qu'on le veut du premier. Par conséquent, «quelque chose» peut circuler plus rapidement que la vitesse de la lumière. Ce «quelque chose» est cependant non matériel et non énergétique. De plus, et cela est fondamental, il ne peut pas être contrôlé et servir à communiquer un message. Malgré les apparences, cette influence instantanée quantique ne va pas à l'encontre de la relativité d'Einstein qui demande, non pas que rien ne puisse voyager plus vite que la lumière, mais uniquement que aucune forme de matière, d'énergie ou de communication ne puisse le faire. (Il n'y a donc pas de paradoxe en jeu même si, historiquement, certains ont cru en voir un, d'où le nom de «Paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen (EPR *)» souvent attribué à ce phénomène.) Cette influence instantanée est à la base de ce qu'on appelle la « téléportation quantique ».

6. Le problème de la mesure : Dans la physique classique, l'observateur est «neutre» : lorsqu'il mesure les paramètres d'un système, on considère qu'il ne change pas le comportement de ce système. Dans le monde quantique, ce n'est pas le cas : une particule se comporte de manière fondamentalement différente selon qu'elle évolue librement ou qu'elle interagit avec un appareil de mesure. La «fonction d'onde» est le terme technique utilisé pour décrire l'état quantique d'une particule, c'est-à-dire le fait qu'elle n'est pas «localisée» comme un corpuscule mais plutôt «étendue» dans l'espace comme une onde. Durant une expérience d'interférence, par exemple, avant qu'on tente de la mesurer, une particule se trouve dans cet état «étendu» (ou état de superposition) et elle peut alors passer par deux chemins complètement distincts en même temps. Par contre, dès qu'on effectue une mesure (en déterminant sa position sur un écran de télévision par exemple), la fonction d'onde «s'effondre» en seul point : un pixel s'illumine sur l'écran cathodique et la particule devient localisée. C'est à ce moment que le facteur hasard entre en jeu puisque le choix du lieu de l'effondrement de la fonction d'onde se fait aléatoirement (suivant certaines probabilités déterminées par le contexte expérimental); on ne peut pas prédire où la fonction d'onde va s'effondrer. Cependant, ce passage d'un état superposé à un état localisé déclenché par l'acte de mesurer n'est pas encore bien compris. » (Extrait de l’article de Stéphane Durand dans le magazine « Québec-Science »)

« Les problèmes d'évolution temporelle des systèmes en mécanique quantique sont donc au coeur de la recherche actuelle, aussi bien en physique qu'en mathématiques. Il s'agit de décrire l'évolution au cours du temps d'un système quantique afin de faire des prédictions sur son comportement futur, ou de comprendre des phénomènes qui nous échappent encore (résonance, scattering, comportement asymptotique). Les phénomènes de la mécanique quantique sont de nature probabiliste (calcul de probabilités), mais la théorie usuelle des probabilités ne suffit pas à les décrire puisqu’il est n'est nécessaire dès lors d'adopter un point de vue plus général, plus complexe: celui des probabilités quantiques (qui situe les probabilités dans les espaces naturels de la mécanique quantique. Cette théorie, en pleine explosion depuis vingt ans, est au centre de l'explication et de la modélisation de ces phénomènes. Avec son point de vue unificateur et le succès du calcul stochastique quantique, la théorie des probabilités quantiques est à même d’exprimer et de modéliser de façon satisfaisante l'évolution des observables quantiques. »

Ce débat ou cette théorie, encore d'actualité, fait partie des zones ambivalentes de la mécanique quantique (« théorie des quantas »), et je ne m'aventurerai pas plus avant sur un terrain aussi glissant.

Toutefois pour en revenir au point 3 du principe d’incertitude de l’allemand, Werner Heisenberg, ça me fait penser à l’histoire du gars, comprends-tu ?, qui rencontre son copain au bar et lui parle de cette nouvelle thérapie qu’il a suivie et qui fait ses preuves maintenant :
-Avant, je doutais de tout » dit-il à son pote.
-Et maintenant ?» de demander l’autre.
-Je n’en suis plus aussi sûr.

Sur cet exposé, je ne sais plus qui a dit quelque chose du genre, mais c’est mon sentiment également :

« Ma certitude, c’est que je ne suis certain de rien » (ou approximativement cité).

Ma théorie concernant les échecs étant que des pièces en trois dimensions se mouvant sur un espace à deux dimensions (l’échiquier) échappent à tout calculs déterminés ou prédéterminés jusqu’à une certaine limite, le choix d’un bon coup se fait donc en regard de certaines probabilités et de variables définies et indéfinies, le fait étant que si je juxtapose (principe 4, ci-haut,) un Fou blanc en c2 ET une Dame blanche en d3 le long de la diagonale b1-h7, les possibilités augmentent potentiellement mes chances de gain et/ou pour que je mate mon adversaire en h7 surtout si celui est un J.I. (Jambon International).
Mais voilà, selon la théorie de la physique quantique, le « Shah » noir (ce qui nous ramène au « chat » de Schrödinger**) est-il mate et/ou ne l’est-il pas (en g8) avec la Dame blanche rendue en h7, si des facteurs déterminants comme la présence possible d’un Cavalier noir en f6 ou non se présente et/ou ne sont pas pris en considération ?
« Mater ou ne pas mater, là, est la question » ?
De toute façon, le Roi est mort, vive le Roi !

En terminant, n’oublions pas la possibilité aux échecs des deux états suivants :

1.e4 ! et les Blancs gagnent ou 1. e4 ? et les Blancs perdent ! Sans compter la possibilité des deux états juxtaposés simultanément : 1.e4 !? peut-être avons-nous une nulle !?


Quant aux allusions à Popper de part de certains membres (Robitaille, Fillon), il suffit de savoir que :
« C’est la connaissance conjecturale et la critique de l'induction qui constituent le centre de l'épistémologie de Popper. C'est elle qui permet d'ailleurs la justification centrale du fameux " test de Popper " permettant de délimiter les théories scientifiques et les conceptions métaphysiques (ce qui nous ramène à la philosophie et la physique qui se rejoignent dans leur ensemble à cet effet) . Ce problème de l'induction que Popper pense avoir résolu, c'est encore ce qu'il appelle le problème de Hume.
Ce problème est exposé complètement dans le « Treatase of Human Nature » (I, III, sect. VI). Le problème sur lequel butte Hume est le suivant : puisque nos idées de cause et d'effet dérivent de l'habitude que nous avons que tel type d'événement soit suivi de tel autre type d'événement et que, par ailleurs, nous n'avons aucune raison absolument convaincante de croire que le futur sera pour l'essentiel semblable au passé, comment la science est-elle possible et donc de « mesurer » la mesure de l’indéfinissable ? Cette interrogation fut, on le sait, celle qui réveilla Kant de son " sommeil dogmatique ". Le " scepticisme " de Hume prend là son fondement. Popper donne une réponse claire et assez convaincante, encore qu'elle ne soit pas aussi originale que l'auteur semble le croire : on peut trouver quelque chose qui s'en rapproche chez Kant et l'épistémologie de Bachelard donne elle aussi une réponse à cette question par sa critique systématique de l'empirisme. La réponse de Popper tient en deux thèses :

1. On ne doit pas confondre le problème psychologique de l'induction et le problème logique.

2. Il n'y a pas d'induction, logiquement parlant, mais une méthode qu'on peut résumer par hypothèse - test - correction qui ne laisse " survivre " que les hypothèses qui passent avec succès les tests.

La thèse fonde une épistémologie " évolutionniste ".

La question de savoir comment l'homme acquiert l'idée de cause ou l'idée de loi est une question qui concerne la psychologie cognitive. Mais la solution à cette question - si d'aventure nous la trouvions - ne nous dit rien de la validité logique de l'induction. De la même manière que le fait que nous avons appris à compter avec des bûchettes (pour les plus vieux d'entre nous !) ne nous dit rien sur la nature des nombres. Mais on doit tout de même remarquer que cette distinction entre le niveau logique et le niveau psychologique dont Popper fait le point central de sa solution au " problème de Hume " - c'est elle qu'on retrouve plus loin dans la théorie des trois mondes que Popper reprend à Frege - cette distinction donc est déjà chez Kant. Il suffit de lire la « Critique de la raison pure » ou les Prolégomènes pour le savoir. La question de l'origine de l'expérience relève, dit Kant, de la " psychologie empirique " (qui est une science de la nature) alors que la question du contenu relève de la philosophie transcendantale. De même, la distinction entre le sujet psychologique et le sujet transcendantal constitue la distinction centrale de toute la philosophie critique, hors de laquelle il est absolument impossible de comprendre le sens de la pensée de Kant dont Popper se reconnaît également en partie le tenant. »
(Tiré de Denis Collin sur « Karl Popper et la connaissance objective.»

Je n’extrapolerai pas plus longtemps là-dessus également, car on n’y perd encore plus son latin qu’en mécanique quantique tant qu’on n’y emploie pas de formules, mais je vous laisse sur mon discours qui ne sont-ce là, à mon avis, que quelques observations, remarques, commentaires pertinents ou non de votre modeste serviteur tout nouveau sur ce site (soyez donc indulgent en retour et à son égard en regard du fait que c’est sa première fois), mais si le cœur vous en dit, peut-être un jour, pourrais-je vous entretenir de cette vive discussion que j’aie eue autour de « l’apologie du trou, un sujet vide de sens… » ou vous présenter son complément « le théorème du manque, un vide à combler ? », c’est tout le mal que je vous souhaite…


-Indiagonal Jones.

« Les fous sont aux échecs les plus proches des rois. » -Mathurin Régnier, « Satires. »

P.S. Très bon cours au sujet de l’argumentation 101, Nicolas F., en passant.
Non, pour ceux qui se demanderaient quand même :
« Je n’en ai pas fumé, mais c’était de la bonne ! »
Quelqu’un a une aspirine ?

**********************

*Ce qui nous ramène à la référence de Denis Robitaille pour « l’interprétation de Copenhague »
**Avez-vous vu que dans ce nom, il y a presque le mot « dingue » ? Ne vous étonnez de plus, d’ailleurs comme l’a si bien dit SuperStef en citant Nietzsche :
« Ce n’est pas le doute qui rend fou, mais la certitude. »
«Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.»
Avatar du membre
denis robitaille
Roi
Roi
Messages : 631
Enregistré le : mar. sept. 17, 2002 12:17 am
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Québec
Contact :

Message par denis robitaille »

Chapeau!
Quel texte magnifique!!

DR
Avatar du membre
Nicolas Fillion
Maître
Maître
Messages : 2159
Enregistré le : dim. sept. 15, 2002 10:07 pm
FQE rating : 1754
Localisation : Pittsburgh, PA
Contact :

Message par Nicolas Fillion »

Très intéressant texte Mr. Jones!

Cependant, je me verrai dans l'obligation de contre-argumenter dans les prochains jours.

En attendant, une blague de physique! :)

C'est une fois Heisenberg qui menait sa bagnole à fond la caisse sur l'autoroute. Évidemment, un policier le prend en chasse et le force à s'arrêter sur le côté de la route...

- Votre nom monsieur?
- Heisenberg, Werner.
- Mr. Heisenberg, savez-vous à quelle vitesse vous rouliez?
- Euh.. non, mais je savais où j'étais par contre! :):)
Kolya
Avatar du membre
IndiagonalJones
Tour
Tour
Messages : 80
Enregistré le : lun. oct. 24, 2005 2:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Rive-sud de Montréal

Message par IndiagonalJones »

Nicolas Filion et Denis Robitaile, deux êtres qui me sont chers par l'apport de leur conception du monde vis-à-vis leurs sembables comme plusieurs autres aussi qui ont marqué ce babillard également de leur empreinte indélibile.

Vous remarquerez, messieurs, que j'ai lassé tomber les explications sur le théorème de Fermat amené par notre ami Dominique Brunet, car les mathématiques ne sont pas mon fort, en plus que des formules trop poussées auraient nuit à la compréhension d'une thériorie pour expliquer l'univers qu'elle soit quantique ou philosphique d'ailleurs.

Merci donc de ce compliment, cher M. Robitaille, mais je m'empresse de vous signaler que j'ai tiré plusieurs exemples de la thérorie quantique à partir de citations (dont j'ai rapporté la référence dans l'exposé même), ainsi que les références à Popper pour la philo, il n'empêche bien sûr, que plusieurs explications de la dite théorie quantique sont belles et bien de mon acabit et je vous en remercie de les apprécier à leurs justes valeurs.

Pour le reste, il va de soi, qu'à partir de cet exposé, je n'ai essayé que de décrire les allusions subtiles que vous tentiez de faire, tous les deux (Filion et vous) dans vos échanges sur ce "thread" dans plusieurs domaines (comme la philo et la physique) pour ceux qui n'avaient pas compris encore à quoi vous vous référeriez la plupart du temps. Je n'ai tenté, dans ma modeste approche, que d'essayer de vulgariser le tout.

En dernier lieu, pour M. Filion...

Il n'y a pas de problèmes pour argumenter mon exposé (et je vous serais même gré de nous éclairer de vos lumières sur certaines conceptions peut-être abstraites ou sans fondements initiées par ma présentation précédente. Quant à la "joke" sur Heisenberg et sa bagnole, elle est bien bonne. Pour ceux qu'ils l'auraient pas peut être pas comprise, ça fait référence à la non-localité de la particule (point 5 du résumé de la théorie quantique ci-dessus) et c'est bien drôle...

À ce propos, qu'est-ce que viennent foutre les échecs là-dedans ?

Je dirai donc ceci : pas besoin d'être un aveugle ivre marchant sur une corde raide pleine de noeuds par une journée de grand vent au-dessus d'un grand ravin pour "s'apercevoir" que la F.Q.E. (qu'on soit d'acccord ou pas pour changer les dirigeants) a des problèmes et frise le précipice, justement.

En attendant, c'est pas parce qu'on rit que c'est drôle...

Comne le disait si bien je ne me souviens plus qui :

"Arguez, arguez*, il en sortira toujours quelque chose".
(Du moment que c'est fait dans la respectabilité, moi, j'ai rien contre bien sûr).

-Amitiés, Indiagonal Jones.

*"Argumentez"
«Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.»
Avatar du membre
IndiagonalJones
Tour
Tour
Messages : 80
Enregistré le : lun. oct. 24, 2005 2:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Rive-sud de Montréal

Message par IndiagonalJones »

IndiagonalJones a écrit :J’ai lu avec délectation (dois-je l’avouer ?) ce long « topic » qui m’a bien passionné (et depuis le début, si !), il faut le dire… Je dois reconnaître également que s’il y a un pilote ou non aux commandes, il est presque assuré qu’il y a à bord de l’appareil et de ce long « thread » une gang de tordus, d’hurluberlus et de sautés (ceci dit sans vouloir vexer personne, car c’est plus une manière de parler, car certaines choses très belles ont été également dites dans cette longue tirade) qui sévissent sur ce babillard (à ma grande joie d’ailleurs !) m’incluant moi-même dans cette catégorie bien sûr, histoire de faire les présentations d’usage en ce qui me concerne. Je dois donc être un (tout nouveau) vulgaire lombric sans grande envergure, mais prétentieux, doublé d’une innocence de taré pour oser ajouter mon grain de sel à l’affaire, alors que plusieurs membres d’une stature imposante et d’une certaine quadrature ont déjà donné leur opinion en ces pages avec moult d’arguments puisés au fin fond de leur conscience irréprochable.

Je vais donc y aller de quelques observations que la lecture de cet émouvant manifeste (dédié à la gloire des mathématiques et de la philosophie) m’a fait beaucoup songer d’ailleurs, ce qui à bien y penser a plus de rapport avec les échecs qu’on ne peut le supposer à priori.

En ce qui concerne l’allusion au « chat de Schrödinger » dont nous parle Denis Robitaille à un moment donné, il faut savoir qu’il s’agit d’une tentative d’explication plus ou moins rationnelle pour essayer de démontrer les lois de la mécanique (ou physique) quantique dans l’infini petit (comme des grandes lois de l’univers finalement) auxquels font référence quelques membres dans ce « thread ». Comme la physique quantique se rapporte donc à l’atome (l’infiniment petit) et qu’il faut savoir que le nombre de possibilités de coups aux échecs dépasse le nombre d’atomes dans l’univers, vous voyez que nous nous éloignons pas trop du noyau des échecs que constitue ce « thread » malgré ce que pouvaient en penser plusieurs.

Ne connaissant pas grand chose à la mécanique quantique, je vais quand même rapporter ci-dessous l’expérience du chat de Schrödinger (en fait il s’agit d’un paradoxe) et tenter une rationalisation du phénomène quantique afin que tout cela soit plus clair dans nos esprits et/ou encore plus confus (c’est selon).

L'énoncé actuel de cette expérience est le suivant :

« Un chat est enfermé dans une enceinte en acier (dans certaines versions de cette expérience, il s’agit d’une boîte, mais peu importe). Dans un compteur Geiger (qui mesure les désintégrations radioactives) on trouve un peu de substance radioactive, si peu qu'en une heure un seul atome se désintègre avec une probabilité (quantique) ½. S'il y a désintégration, le compteur relâche un petit marteau qui brise une fiole contenant de l'acide cyanhydrique (ou tout autre poison), ce qui entraîne l’empoisonnement le chat. On laisse mariner l’ensemble pendant une heure. La fonction d'onde de tout le système, qui est devenu quantique, est une superposition linéaire à poids égaux de l'état « chat vivant » et de l'état « chat mort » il devient donc difficile de se reprrésenter une image claire de cet état quantique du chat, la question se pose donc sur la cause de la mort du chat, car ce n'est qu’en observant ce dernier que l'on pourra constater si celui-ci est mort ou vivant. Autrement dit, on réduit le paquet d'ondes, transformant le chat de « [(Vivant)+(Mort)] en (chat mort) ou (chat vivant). On conçoit aisément que cette expérience de « pensée » ait choqué physiciens et philosophes. En fait, ce paradoxe a été 'résolu', de manière plus ou moins satisfaisante selon les physiciens, par l'introduction d'outils mathématiques empêchant de rendre le système macroscopique quantique. Mais il est facile de voir que ce type de réponse ne suffit pas: quelle est la limite entre le macroscopique et le quantique, et si limite il y a, est-elle arbitraire, aléatoire ou découle-t-elle d'un principe physique, connu ou inconnu ? »

Pour une tentative d’explication plus claire :

Selon les principes de la mécanique quantique, tant qu'on ne regarde pas dans l’enceinte (ou la boîte), le chat est les deux à la fois : il est vivant et mort! Les deux états se superposent simultanément.
C’est le principe de superposition d’état. Ce principe postule que les caractéristiques d'un atome, d'une particule ou d'un système quantique en général constituent un état. Or, quand un système à plusieurs états est possible, la somme de tous ces états est également un état possible! Le système se trouve alors dans une superposition d'état. C'est grâce à ce principe qu'une particule peut occuper plusieurs positions en même temps ou qu'un atome peut se trouver dans un état de superpositions d’énergies. Ce phénomène est bien sur impensable dans l'univers classique. Le simple fait de mesurer fait disparaître la superposition d'état au profit d'un seul. Mais pour en revenir à cette superposition d’états, cela fait même apparaître la possibilité et même la probabilité d’univers parallèles également.

Singulièrement amené, cela veut dire qu’avant l’avènement de la physique quantique, on croyait qu’il ne pouvait avoir que deux états, soit l’état
« vivant » OU l’état « mort » du chat, mais il a été démontré que paradoxalement, suite à une retentissante expérience scientifique de physique très complexe (on en doute même pas !) réalisée en 1996 par les français Jean-Michel Raimond, Serge Haroche et Michel Brune a permis de confirmer le phénomène de « décohérence » et qui a permis de "voir" le glissement progressif du "ET" quantique au "OU" classique.

Nous sommes donc confrontés à deux constatations contradictoires. Le monde quantique semble exister en marge de l'univers et pourtant on a pu constater que l'observateur perturbe l'objet quantique quand il l'observe, le monde extérieur ne semble donc pas exister de façon totalement indépendante! La recherche du lien entre la mécanique quantique et les lois de l'univers reste donc un des plus grand défi de la physique.
Pour en revenir au chat, puisque ce dernier ne peut être considéré comme un observateur (Pourquoi ? Cette question est évidemment la première qui vient à l'esprit, et aussi celle ayant la réponse la plus frustrante, sous forme d'une autre question : Le chat peut-il avoir conscience d'être mort ou vivant ?), nous en sommes ramenés à des propos hors considérations métaphysiques, le chat ne peut avoir conscience par définition que d'être vivant, et ne peut donc constituer un observateur valable.

Pour en revenir à l’observation du chat (mort ou vivant), c’est donc la conscience de l’observateur qui tranche entre les deux états (première hypothèse) et dans l’autre (seconde hypothèse), la conscience n'intervient pas, les deux états A et B se séparent bien lors de la mesure mais rien ne vient trancher entre eux. Résultat : ils survivent dans deux univers parallèles ! Le chat est mort dans un univers et vivant dans l'autre ! Notre conscience existe dans l'état A dans le premier univers et dans l'état B dans le second. Comme nous réalisons sans cesse des actes d'observation, cela voudrait dire qu'à chaque fois, nous nous dupliquons. II y aurait ainsi une infinité d'univers parallèles, sans possibilités de communication entre eux, où nous existerions dans une multitude d'état différents!
Ce point précis peut poser un autre problème philosophique très troublant: La réalité objective (s'il elle existe indépendemment de l'esprit humain) est-elle accessible ? Ou sommes-nous condamner à n'observer qu'un monde d'apparences trompeuses?

Dans cet optique, il n’est plus donc utile de savoir qu’elle est la nature même de l’essence de la conscience humaine comme en parlait si bien durant leurs échanges Daniel Papineau Esq., Nicolas Fillion, Guillaume Pilote, et cie sur ce « post » puisque le paradoxe du chat de Schrödinger a déjà déclenché les passions parmi les physiciens et les philosophes. Car il pose un vrai problème, celui de la mesure en physique quantique ou de la nature même du monde qui nous entoure :
En gros, est-ce la mesure ou l'observation qui décide vraiment si le chat est mort ou vivant? En d'autres termes, sont-ce les mesures, les observations qui décident de la réalité des choses? Alors, si les humains n' existaient pas, le monde n'existerait pas non plus ! Certains physiciens (une petite minorité) ont répondu « oui » à cette question épineuse en suggérant des solutions bizarres comme les deux hypothèses exposés ci-dessus.

Dans tous les cas, cette expérience de pensée et son paradoxe associé ont aujourd'hui pris valeur de symboles centraux de la physique quantique. Qu'ils servent à supporter un aspect de cette théorie ou qu'ils servent à défendre une option théorique divergente, ils sont appelés à la rescousse pratiquement à chaque fois que la difficile convergence entre la réalité macroscopique et la réalité microscopique (une situation caractéristique du monde quantique) est observée ou supposée.

On pourrait même rapatriée cette expérience paradoxale du chat de Schrödinger à la « garnouille » (grenouille) cuite lentement dans l’eau bouillante de Jean Hébert (et qui m’a fait beaucoup rire) en mettant un couvercle sur le chaudron contenant la « garnouille » et on ne sait plus quand celle-ci est morte ou vivante selon la théorie quantique. Remarquons, qu’il suffirait de la mettre dans un récipient en verre avec une échelle alors qu’elle est sur le feu pour qu’elle nous donne la météo avant de trépasser. Reste à savoir si le temps se maintiendra selon sa cuisson.

Mais pour résumer ces quelques données sur la physique quantique d’une façon plus générale, voici :

« La mécanique quantique est la théorie qui décrit le monde microscopique des atomes et des particules. Développée au début du XXe siècle, cette théorie a grandement remis en question la physique classique, héritage d'Isaac Newton et de Galilée. Pendant longtemps on a cru que le fonctionnement du monde atomique, inaccessible directement à nos sens, était similaire à celui du monde macroscopique, celui de la vie de tous les jours. On croyait, par exemple, que l'atome ressemblait à un système solaire miniature, les électrons jouant le rôle de planètes autour du noyau de l'atome. Mais il n'en est rien. Qu'est-ce qu'un électron? Voilà bien le problème : il est extrêmement difficile de donner une explication simple car, selon les principes de la mécanique quantique, la nature d'un électron (tout comme celle d'un proton, d'un neutron ou de toute autre particule) ne correspond à aucune image familière de la vie de tous les jours.
Voici brièvement six caractéristiques fondamentales de la physique quantique. Certaines sont très déroutantes et sans équivalents dans la vie courante.

1. La dualité onde-corpuscule: Une particule subatomique peut se comporter à la fois comme une onde (l'équivalent d'une vague) et un corpuscule (l'équivalent d'un petit caillou). En fait, elle n'est ni l'un ni l'autre : c'est une entité beaucoup plus abstraite qui, selon les situations, donne l'impression de se comporter soit comme une onde, soit comme un corpuscule. La même chose s'applique pour la lumière. (On appelle les particules de la lumière des photons).

2. L'indéterminisme : Contrairement à la physique classique, la mécanique quantique n'est pas déterministe, c'est-à-dire que les mêmes causes ne produisent pas nécessairement les mêmes effets. Dans des conditions initiales identiques, le choix entre les différents effets se fait au hasard. Mais attention : ce n'est pas un hasard superficiel dû à notre ignorance de certains paramètres - comme lorsqu'on joue à pile ou face, par exemple, où le hasard n'est qu'apparent puisqu'on ne connaît pas exactement la position initiale de la pièce, la force du coup de pouce, etc. Au contraire, le hasard quantique est authentique et irréductible; c'est une loi fondamentale. Ainsi, contrairement à l'image classique de la physique de Newton, l'univers n'est pas réglé comme un gigantesque mécanisme d'horlogerie.

3. Le principe d'incertitude de Heisenberg: On ne peut pas connaître précisément à la fois la position et la vitesse d'une particule. En fait, ce principe va beaucoup plus loin: en général, une particule ne possède pas de position et de vitesse bien définies. N'étant pas l'équivalent d'une minuscule bille, une particule ne se déplace pas en suivant une trajectoire ordinaire et elle n'a donc pas simultanément de positions et de vitesse précises. Tirées de la vie courante, les concepts de position et de vitesse sont des notions classiques qui perdent leur sens dans le monde quantique.

4. Le principe de superposition: Une particule peut être à deux endroits en même temps. On dit que la particule est dans un état superposé: à la fois ici et là-bas. Cette caractéristique est celle qui conduit aux effets quantiques les plus déroutants: l'interférence des particules de matière et la non-localité.

5. La non-localité: Dans certaines situations, l'observation d'une particule à un endroit peut influencer instantanément l'état d'une autre particule à un autre endroit, aussi lointain qu'on le veut du premier. Par conséquent, «quelque chose» peut circuler plus rapidement que la vitesse de la lumière. Ce «quelque chose» est cependant non matériel et non énergétique. De plus, et cela est fondamental, il ne peut pas être contrôlé et servir à communiquer un message. Malgré les apparences, cette influence instantanée quantique ne va pas à l'encontre de la relativité d'Einstein qui demande, non pas que rien ne puisse voyager plus vite que la lumière, mais uniquement que aucune forme de matière, d'énergie ou de communication ne puisse le faire. (Il n'y a donc pas de paradoxe en jeu même si, historiquement, certains ont cru en voir un, d'où le nom de «Paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen (EPR *)» souvent attribué à ce phénomène.) Cette influence instantanée est à la base de ce qu'on appelle la « téléportation quantique ».

6. Le problème de la mesure : Dans la physique classique, l'observateur est «neutre» : lorsqu'il mesure les paramètres d'un système, on considère qu'il ne change pas le comportement de ce système. Dans le monde quantique, ce n'est pas le cas : une particule se comporte de manière fondamentalement différente selon qu'elle évolue librement ou qu'elle interagit avec un appareil de mesure. La «fonction d'onde» est le terme technique utilisé pour décrire l'état quantique d'une particule, c'est-à-dire le fait qu'elle n'est pas «localisée» comme un corpuscule mais plutôt «étendue» dans l'espace comme une onde. Durant une expérience d'interférence, par exemple, avant qu'on tente de la mesurer, une particule se trouve dans cet état «étendu» (ou état de superposition) et elle peut alors passer par deux chemins complètement distincts en même temps. Par contre, dès qu'on effectue une mesure (en déterminant sa position sur un écran de télévision par exemple), la fonction d'onde «s'effondre» en seul point : un pixel s'illumine sur l'écran cathodique et la particule devient localisée. C'est à ce moment que le facteur hasard entre en jeu puisque le choix du lieu de l'effondrement de la fonction d'onde se fait aléatoirement (suivant certaines probabilités déterminées par le contexte expérimental); on ne peut pas prédire où la fonction d'onde va s'effondrer. Cependant, ce passage d'un état superposé à un état localisé déclenché par l'acte de mesurer n'est pas encore bien compris. » (Extrait de l’article de Stéphane Durand dans le magazine «Québec-Science»)

« Les problèmes d'évolution temporelle des systèmes en mécanique quantique sont donc au coeur de la recherche actuelle, aussi bien en physique qu'en mathématiques. Il s'agit de décrire l'évolution au cours du temps d'un système quantique afin de faire des prédictions sur son comportement futur, ou de comprendre des phénomènes qui nous échappent encore (résonance, scattering, comportement asymptotique). Les phénomènes de la mécanique quantique sont de nature probabiliste (calcul de probabilités), mais la théorie usuelle des probabilités ne suffit pas à les décrire puisqu’il est n'est nécessaire dès lors d'adopter un point de vue plus général, plus complexe: celui des probabilités quantiques (qui situe les probabilités dans les espaces naturels de la mécanique quantique. Cette théorie, en pleine explosion depuis vingt ans, est au centre de l'explication et de la modélisation de ces phénomènes. Avec son point de vue unificateur et le succès du calcul stochastique quantique, la théorie des probabilités quantiques est à même d’exprimer et de modéliser de façon satisfaisante l'évolution des observables quantiques. »

Ce débat ou cette théorie, encore d'actualité, fait partie des zones ambivalentes de la mécanique quantique (« théorie des quantas »), et je ne m'aventurerai pas plus avant sur un terrain aussi glissant.

Toutefois pour en revenir au point 3 du principe d’incertitude de l’allemand, Werner Heisenberg, ça me fait penser à l’histoire du gars, comprends-tu ?, qui rencontre son copain au bar et lui parle de cette nouvelle thérapie qu’il a suivie et qui fait ses preuves maintenant :
-Avant, je doutais de tout » dit-il à son pote.
-Et maintenant ?» de demander l’autre.
-Je n’en suis plus aussi sûr.

Sur cet exposé, je ne sais plus qui a dit quelque chose du genre, mais c’est mon sentiment également :

« Ma certitude, c’est que je ne suis certain de rien » (ou approximativement cité).

Ma théorie concernant les échecs étant que des pièces en trois dimensions se mouvant sur un espace à deux dimensions (l’échiquier) échappent à tout calculs déterminés ou prédéterminés jusqu’à une certaine limite, le choix d’un bon coup se fait donc en regard de certaines probabilités et de variables définies et indéfinies, le fait étant que si je juxtapose (principe 4, ci-haut,) un Fou blanc en c2 ET une Dame blanche en d3 le long de la diagonale b1-h7, les possibilités augmentent potentiellement mes chances de gain et/ou pour que je mate mon adversaire en h7 surtout si celui est un J.I. (Jambon International).
Mais voilà, selon la théorie de la physique quantique, le « Shah » noir (ce qui nous ramène au « chat » de Schrödinger**) est-il mate et/ou ne l’est-il pas (en g8) avec la Dame blanche rendue en h7, si des facteurs déterminants comme la présence possible d’un Cavalier noir en f6 ou non se présente et/ou ne sont pas pris en considération ?
« Mater ou ne pas mater, là, est la question » ?
De toute façon, le Roi est mort, vive le Roi !

En terminant, n’oublions pas la possibilité aux échecs des deux états suivants :

1.e4 ! et les Blancs gagnent ou 1. e4 ? et les Blancs perdent ! Sans compter la possibilité des deux états juxtaposés simultanément : 1.e4 !? peut-être avons-nous une nulle !?


Quant aux allusions à Popper de part de certains membres (Robitaille, Fillon), il suffit de savoir
que :
« C’est la connaissance conjecturale et la critique de l'induction qui constituent le centre de l'épistémologie de Popper. C'est elle qui permet d'ailleurs la justification centrale du fameux " test de Popper " permettant de délimiter les théories scientifiques et les conceptions métaphysiques (ce qui nous ramène à la philosophie et la physique qui se rejoignent dans leur ensemble à cet effet) . Ce problème de l'induction que Popper pense avoir résolu, c'est encore ce qu'il appelle le problème de Hume.
Ce problème est exposé complètement dans le « Treatase of Human Nature » (I, III, sect. VI). Le problème sur lequel butte Hume est le suivant : puisque nos idées de cause et d'effet dérivent de l'habitude que nous avons que tel type d'événement soit suivi de tel autre type d'événement et que, par ailleurs, nous n'avons aucune raison absolument convaincante de croire que le futur sera pour l'essentiel semblable au passé, comment la science est-elle possible et donc de « mesurer » la mesure de l’indéfinissable ? Cette interrogation fut, on le sait, celle qui réveilla Kant de son " sommeil dogmatique ". Le " scepticisme " de Hume prend là son fondement. Popper donne une réponse claire et assez convaincante, encore qu'elle ne soit pas aussi originale que l'auteur semble le croire : on peut trouver quelque chose qui s'en rapproche chez Kant et l'épistémologie de Bachelard donne elle aussi une réponse à cette question par sa critique systématique de l'empirisme. La réponse de Popper tient en deux thèses :

1. On ne doit pas confondre le problème psychologique de l'induction et le problème logique.

2. Il n'y a pas d'induction, logiquement parlant, mais une méthode qu'on peut résumer par hypothèse - test - correction qui ne laisse " survivre " que les hypothèses qui passent avec succès les tests.

La thèse fonde une épistémologie " évolutionniste ".

La question de savoir comment l'homme acquiert l'idée de cause ou l'idée de loi est une question qui concerne la psychologie cognitive. Mais la solution à cette question - si d'aventure nous la trouvions - ne nous dit rien de la validité logique de l'induction. De la même manière que le fait que nous avons appris à compter avec des bûchettes (pour les plus vieux d'entre nous !) ne nous dit rien sur la nature des nombres. Mais on doit tout de même remarquer que cette distinction entre le niveau logique et le niveau psychologique dont Popper fait le point central de sa solution au " problème de Hume " - c'est elle qu'on retrouve plus loin dans la théorie des trois mondes que Popper reprend à Frege - cette distinction donc est déjà chez Kant. Il suffit de lire la « Critique de la raison pure » ou les Prolégomènes pour le savoir. La question de l'origine de l'expérience relève, dit Kant, de la " psychologie empirique " (qui est une science de la nature) alors que la question du contenu relève de la philosophie transcendantale. De même, la distinction entre le sujet psychologique et le sujet transcendantal constitue la distinction centrale de toute la philosophie critique, hors de laquelle il est absolument impossible de comprendre le sens de la pensée de Kant dont Popper se reconnaît également en partie le tenant. »
(Tiré de Denis Collin sur « Karl Popper et la connaissance objective.»

Je n’extrapolerai pas plus longtemps là-dessus également, car on n’y perd encore plus son latin qu’en mécanique quantique tant qu’on n’y emploie pas de formules, mais je vous laisse sur mon discours qui ne sont-ce là, à mon avis, que quelques observations, remarques, commentaires pertinents ou non de votre modeste serviteur tout nouveau sur ce site (soyez donc indulgent en retour et à son égard en regard du fait que c’est sa première fois), mais si le cœur vous en dit, peut-être un jour, pourrais-je vous entretenir de cette vive discussion que j’aie eue autour de « l’apologie du trou, un sujet vide de sens… » ou vous présenter son complément « le théorème du manque, un vide à combler ? », c’est tout le mal que je vous souhaite…


-Indiagonal Jones.

« Les fous sont aux échecs les plus proches des rois. » -Mathurin Régnier, « Satires. »

P.S. Très bon cours au sujet de l’argumentation 101, Nicolas F., en passant.
Non, pour ceux qui se demanderaient quand même :
« Je n’en ai pas fumé, mais c’était de la bonne ! »
Quelqu’un a une aspirine ?

**********************

*Ce qui nous ramène à la référence de Denis Robitaille pour « l’interprétation de Copenhague »
**Avez-vous vu que dans ce nom, il y a presque le mot « dingue » ? Ne vous étonnez de plus, d’ailleurs comme l’a si bien dit SuperStef en citant Nietzsche :
« Ce n’est pas le doute qui rend fou, mais la certitude. »
«Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.»
Avatar du membre
IndiagonalJones
Tour
Tour
Messages : 80
Enregistré le : lun. oct. 24, 2005 2:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Rive-sud de Montréal

Message par IndiagonalJones »

Je vous laisse sur ces réflexions justement si vous voulez apporter de l'eau au moulin, car ce "thread" est bien sûr un "must" comme beaucoup l'ont déjà si bien souligné.
«Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.»
Avatar du membre
Ummite
Fou
Fou
Messages : 28
Enregistré le : lun. sept. 29, 2003 8:41 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Lorraine
Contact :

IndiagonalJones !!!

Message par Ummite »

Ce texte est délicieux à lire!

Tu as pondu ca comme ca?

Il existe aussi une theorie qui est interessante, c'est la creation instantannee de matiere. Le temps de vie de le masse cree * sa masse donne la constante de plank si je ne m'abuse.

Ma conception de l'univers (et son explication) n'est en fait que le resultat de cette equation, selon ma vision.

Nous vallons rien, mais nous ne sommes pas rien :

0 = -1 + 1

Le temps etant un concept relatif, je considere que nous ne somme qu'une dejection bigbangesque resultant de cette creation instantannée, ayant nous-même relativiser notre temps à l'intérieur de cette création.

Le reste des theories quantiques ayant fait leur boulot afin de ne pas avoir un univers parfaitement symeritque.

Ah, dernier point : malgré qu'il existe plus de positions d'échecs que d'atomes dans l'univers, ca ne veut absolument pas dire qu'un ordinateur quantique ne pourrait pas trouver un mat force a partie de la premiere position. Il ne faut pas oublier que la superposition d'états quantiques amène la fabuleuse capacité exponentielle de calcul C'est d'ailleurs un problème important au niveau du chiffrage, car les algorithmes actuels sont relativement facile a casser avec ces ordinateurs...

Salutation
Avatar du membre
benoitstpierre
Expert
Expert
Messages : 1169
Enregistré le : lun. juin 07, 2004 3:45 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : oui
Contact :

Message par benoitstpierre »

C'est bien beau tout ça, mais comment arriver à dormir sans savoir si l'univers a ou bien dix ou bien onze dimensions ?
Avatar du membre
Sébastien Nadeau
Expert
Expert
Messages : 1080
Enregistré le : jeu. juin 10, 2004 12:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : NoName City

Re: IndiagonalJones !!!

Message par Sébastien Nadeau »

Ummite a écrit :C'est d'ailleurs un problème important au niveau du chiffrage, car les algorithmes actuels sont relativement facile a casser avec ces ordinateurs...
Évidemment, le problème est d'autant plus important que tout le monde peut se procurer un ordinateur quantique au dépanneur du coin... :lol:

Sébastien
OxNumberNine
Dame
Dame
Messages : 329
Enregistré le : mer. janv. 05, 2005 1:16 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Richmond, Virginie

Re: IndiagonalJones !!!

Message par OxNumberNine »

Ummite a écrit :Nous vallons rien, mais nous ne sommes pas rien :

0 = -1 + 1
0 = -n + n
0 = n x (-1 + 1)
0 = 0 x n
Ah, dernier point : malgré qu'il existe plus de positions d'échecs que d'atomes dans l'univers, ca ne veut absolument pas dire qu'un ordinateur quantique ne pourrait pas trouver un mat force a partie de la premiere position.
Je suis d'accord avec toi et, de plus, je pense pas qu'on a besoin de tant de capacité de "storage" que ça. Il suffit maintenant de trouver un algorithme qui nous permettrait de traverser toutes les positions de façon ordonnée....

Le temps que ça prendra pour traverser toutes ses positions risque, par-contre, d'être un grave contrevenant.

Daniel
Avatar du membre
IndiagonalJones
Tour
Tour
Messages : 80
Enregistré le : lun. oct. 24, 2005 2:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Rive-sud de Montréal

Message par IndiagonalJones »

Ummite :

Si j’ai pondu ça ? En partie, oui… Mais n’oubliez pas que cela a pris une partie de recherche sur le web, l’autre de rédaction, dont certains extraits tirés de documents pertinents, pour le reste, oui, c’est de mon crû. J’ai bossé dur pour accoucher de ce texte, par après, il va de soi. Ça m’a pris quelques heures pour ressasser tout ça et le coucher sur papier (enfin
« écran d’ordinateur » dirons-nous !), mais les allusions à la physique quantique et la philosophie de messiers Robitaille et Filion comme bien d’autres, m’ont amené à vouloir expliquer plus à fond cette théorie…
Précisions que je ne suis ni physicien, ni mathématicien et encore moins philosophe, mais j’ai étudié en archéologie et en histoire ancienne, d’où le nom de mon « personnage » d’ailleurs et du jeu de mots calqué sur les échecs et « Indiana Jones », l’aventurier-archéologue.
Je ne suis donc qu’un modeste joueur ayant appris à pousser du bois dans sa folle jeunesse et depuis que les prix d’inscription à certains tournois de la FQE sont devenus inabordables (enfin, selon mes moyens financiers), je sévis sur le net et sur l’échiquier virtuel de quelques sites échiquéens à la place pour jouer ou donner mon opinion dans certains forums comme celui-ci que je viens de découvrir.

Ta théorie et/ou ta conception du monde et/ou de l’univers est intéressante, Ummite, et aussi valable qu’une autre, par ailleurs. Je ne tenterai donc nullement de réfuter son argumentation, car tant de possibilités existent pour essayer de donner une explication au monde qui nous entoure que celle-ci demeure aussi valable qu’une autre…

Quant aux ordinateurs qui seront un jour peut-être capable de « casser » les algorithmes du système quantique, je plutôt d’accord avec OxNumberNine surtout quand il dit que nous n’aurons peut-être « pas besoin de tant de capacité de "storage" que ça. Il suffit maintenant de trouver un algorithme qui nous permettrait de traverser toutes les positions de façon ordonnée.... » d’autant plus que « le temps que ça prendra pour traverser toutes ses positions risque, par-contre, d'être un grave contrevenant. » (citation d’OxNumberNine) veut tout dire dans la suite de son « post ».
D’autant plus encore (comme le dit si bien Sébastien Nadeau) « que de nos jours, il est si facile de trouver un ordinateur quantique au dépanneur du coin », n’est-ce pas ?

Pour Benoît St-Pierrre :

Comment dormir sans savoir si l’univers a 10 ou 11dimensions ? C’est simple, fait comme tout le monde, commence par te coucher et ferme les yeux, ça devrait aider ! ;)
(Blague!)

OxNumberNine :

Assez d’accord surtout avec ton dernier point. Et n’oublions pas que nous n’avons même pas parlé de l’anti-matière, ouf ! Nous n’en sortirons pas…


Pour le reste, pardonnez mon erreur (première) d’avoir dupliqué mon premier message, mais je n’ai voulu que le rééditer pour corriger une erreur, mais voilà que le message s’est dédoublé sans que je ne fasse exprès, aussi si un modérateur avait l’obligeance de le supprimer (car j’ai pas trouvé comment faire), enfin, le second « post » identique, je lui en serais gré. Merci à l’avance, en tout cas.

Pour la deuxième (erreur), je m’excuse d’avoir dit à propos de la « joke » Heisenberg et de sa bagnole, qu’il s’agissait du point 5 de mon exposé, la
«non-localité», mais bien évidemment il s’agit du point 3, au sujet du principe de « l’incertitude Heisenberg lui-même », désolé pour la confusion.

Je me suis ainsi confondu confusément dans l’égarement et le désarroi que j’en reste tout déconcerté et consterné, messieurs.

-Sincèrement, Indiagonal Jones.
«Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.»
Avatar du membre
Serge Champetier
Expert
Expert
Messages : 1313
Enregistré le : mar. sept. 24, 2002 9:44 pm

Message par Serge Champetier »

Beau travail, Herr Jones!
Tout juste aurais-je une petite réserve sur le point suivant, qui m'apparait quelque peu fallacieux:
Pour en revenir au chat, puisque ce dernier ne peut être considéré comme un observateur (Pourquoi ? Cette question est évidemment la première qui vient à l'esprit, et aussi celle ayant la réponse la plus frustrante, sous forme d'une autre question : Le chat peut-il avoir conscience d'être mort ou vivant ?), nous en sommes ramenés à des propos hors considérations métaphysiques, le chat ne peut avoir conscience par définition que d'être vivant, et ne peut donc constituer un observateur valable.
Dans cet argument, le chat ne peut être observateur du fait de la circonstance bien particulière de son décès. Remplaçons la fiole de poison par une chaudière d'eau en équilibre au-dessus de l'animal, dont le basculement dépend du signal détecté par le compteur. Le félin sera alors tout-à-fait en mesure d'observer s'il est mouillé ou sec.
(ou bedon j'ai rien compris).
Salutations distinguées.
Talk Like a Grandmaster
Avatar du membre
Maltov
Tour
Tour
Messages : 71
Enregistré le : mar. févr. 01, 2005 11:42 pm

Message par Maltov »

Serge Champetier a écrit : (...) en mesure d'observer s'il est mouillé ou sec. (ou bedon j'ai rien compris).

Aaaah mais y'a rien comme une petite démonstration pour convaincre un scientifique! Bouge pas, fais le chat, j'arrive avec le seau d'eau...

:D
Maltov
Avatar du membre
benoitstpierre
Expert
Expert
Messages : 1169
Enregistré le : lun. juin 07, 2004 3:45 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : oui
Contact :

Message par benoitstpierre »

Le meilleur modèle d'un chat est un chat, préférablement le même.

-- Wiener
Avatar du membre
IndiagonalJones
Tour
Tour
Messages : 80
Enregistré le : lun. oct. 24, 2005 2:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Rive-sud de Montréal

Message par IndiagonalJones »

Merci de votre intervention, M. Charpentier, vous apportez là d'ailleurs un bon point et non négligeable en plus, mais hélas, ce n'est pas moi qui aie édicté les règles de la démonstration du paradoxe du chat de "Gros dingue" (Schrödinger), alors dans votre éventualité, il est vrai que le félin serait en état d'avoir conscience ou non d'être mouillé ou sec, mais on peut reproduire les exemples à l'infini...
Dans certaines version du chat de Schrödinger, on simplifie encore plus la nature du problème en disant qu'il y a simplement un bol de lait empoisonné et qu'il y a deux possibilités au bout d'une heure que le chat y ait touché ou pas... S'il a bu, il sera mort, sinon, il sera vivant, ce qui nous ramène à notre problème de conscience sur la nature de la mort et du vivant ou de votre propre raisonnment en rapport avec l'humiidité et et le sec...

Mais il y a quelques exemples où aucune interprétation ne porte à confusion, il suffit de mettre un "Garfield, le chat" (pour ceux qui connaissent la BD et le film!) pour savoir que si on remplace le lait par de la lasagne (empoisonnée ou non), peu importe, il y en aura plus, pas même besoin de regarder dans la boîte pour être témoin de ce fait :
La lasagne aura disparu en entier ! (Et pour le chat, on s'en fout qu'il soit mort ou vivant!!) ;)

Plusieurs exemples, plusieurs expériences, plusieurs possibilités, plusieurs
états et de superposition d'états probablement...

Merci de votre contribution à la théorie quantique, cher monsieur Charpentier, car nous voilà dans le doute...
Et le doute ou l'incertitude est justement la raison de la mécanique
quantique!

-Indy Jones !
«Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.»
Avatar du membre
Richard Sauvé
Expert
Expert
Messages : 1629
Enregistré le : mer. nov. 20, 2002 11:19 am
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : J'sais pu où j'chus rendu

Message par Richard Sauvé »

Cher Indiagonal Jones,

Je n'ai pas encore eu le temps de lire les derniers textes de cette intéressante enfilade, mais je tiens à vous faire remarquer que le patronyme de Serge est "Champetier" et non "Charpentier".

Consolez-vous, vous n'êtes pas le premier: Nous avons à Québec un joueur d'échecs qui a déjà affublé Serge du nom de "Chapelier", "Carpentier", "Charpentier" aussi, bien sûr, sans parler de sa meilleure trouvaille: "Jean Petit".

Je ne connais à peu près rien à la mécanique quantique, en fait j'en sais juste assez pour comprendre la blague de Nicolas: "Je savais où j'étais". Elle est bien bonne!

-----------------------------------------------------------------------------------------------

Il y a trois mois, ma grand-mère a commencé à marcher dix kilomètres par jour pour garder la forme. L’ennui, c’est que nous n’avons aucune idée de la direction qu’elle a prise.
Avatar du membre
IndiagonalJones
Tour
Tour
Messages : 80
Enregistré le : lun. oct. 24, 2005 2:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Rive-sud de Montréal

Message par IndiagonalJones »

Cher Monsieur Sauvé (et j'espère ne pas faire de fautes en "épelant" votre nom ;)),


Je vous suis gré de m'informer de ma minable erreur et je dois toutes mes excuses à M. Champetier pour avoir fait une entorse -bien involontaire, croyez-moi! à son nom... Je m'en excuse donc encore une fois et j'espère, M. Champentier, que vous ne m'en tiendrai pas rigueur.

D'ailleurs, j'essaie d'appeler tous les intervenants qui sévissent sur ce bienheureux babillard par leur nom de famille, ce qui me prévient de devenir trop familier ou d'aller dans l'exagération ou l'insulte mal intentionnée dont j'ai eu parfois à souffrir de voir de temps en temps sur ce Forum, simple question de respect, je crois et je m'en porte encore mieux... surtout que je débute sur ce babillard, alors, raison de plus!

Encore merci de m'avoir indiqué mon erreur, M. Sauvé et quant à ne pas avoir eu tout le temps de lire cette enfilade, ce n'est pas faute de vous savoir occupé, alors, je comprends, mais quand vous aurez le temps, vous verrez que ce long "thread" est digne de figurer dans les annales du sport, euh, je veux dire échiquéennes malgré ses propos hors contexte, car quand on en arrive à la physique quantique et à la philosophie, on rejoint presque le divin aux échecs et pour un non croyant, c'est tout un exploit et un paradoxe, vous le constaterez par vous-même, j'espère !

Bonne lecture ultérieure, M. Sauvé!

Bien à vous,

M. Jones ! ;)
«Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.»
Avatar du membre
IndiagonalJones
Tour
Tour
Messages : 80
Enregistré le : lun. oct. 24, 2005 2:49 pm
FQE rating : S/C
FIDE rating : S/C
Localisation : Rive-sud de Montréal

Message par IndiagonalJones »

P.S. C'est vrai que la blague à Nicolas Filion était bien bonne !!
«Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.»
Avatar du membre
Réjean Tremblay
Grand Maître
Grand Maître
Messages : 8026
Enregistré le : mar. sept. 02, 2003 3:08 pm
Localisation : (Candidat Maître à la FIDE)

Message par Réjean Tremblay »

IndiagonalJones a écrit :D'ailleurs, j'essaie d'appeler tous les intervenants qui sévissent sur ce bienheureux babillard par leur nom de famille, ce qui me prévient de devenir trop familier ou d'aller dans l'exagération ou l'insulte mal intentionnée dont j'ai eu parfois à souffrir de voir de temps en temps sur ce Forum, simple question de respect, je crois et je m'en porte encore mieux... surtout que je débute sur ce babillard, alors, raison de plus!
Il y en a un qui est susceptible si on l'appelle uniquement par son nom de famille, mais vous l'apprendrez rapidement!

Réjean Tremblay
Avatar du membre
Michel Vadnais
Expert
Expert
Messages : 1168
Enregistré le : dim. sept. 12, 2004 12:48 pm

Message par Michel Vadnais »

Vous les intellectuels, expliquez-moi pourquoi -1 X -1 = +1 ???
Michel Vadnais
Répondre