Nicolas A-B a écrit :Tout d’abord, il est bon de remarquer que le vainqueur d’une épreuve sportive n’est pas nécessairement celui qui possède les meilleures qualités corporelles ou physiques. Les qualités physiques ne sont qu’une partie des qualités qu’un sportif doit posséder. Variant selon les sports, plusieurs qualités mentales sont nécessaires : la concentration, l’imagerie spatiale mentale, la tactique et la stratégie ainsi que la créativité artistique.
En fait, ton argument ressemble fort à celui de Stéphane Drolet, mais dans l'autre sens : SD disait que, dans les échecs, il y avait un élément physique, et toi tu dis que dans les sports olympiques, il y a un élément mental.
Ma réponse sera donc sensiblement la même, c'est-à-dire que oui, il y a un élément mental dans les sports olympiques, mais cet élément est insignifiant par rapport à l'élément physique.
Pour exceller dans un sport, ce sont avant tout les qualités physiques qui comptent : ce sont elles qui font l'immense différence, tandis que les qualités mentales peuvent aider à en faire une petite. En clair, avoir les qualités physiques (développée par l'entrainnement) nécessaire permet de se hisser dans (environ) disons le top 10 mondiale, et rendu là, la compétition est tellement serrée que se seront des qualités mentale qui départageront les participants.
Par exemple, prenons Shirov, un homme qui a manifestement toutes les qualités mentales que tu énnumérais, et probablement en quantité bien supérieure à n'importe quel athlète olympique. Or, demande lui de nous faire un plongeon de la tour de 10m, et je te parie 1000 kilos de bananes qu'il n'obtiendra pas une bonne note.
Autres façon simple de vérifier mon affirmation : réponds à cette question : pendant leurs entraînements, les athlètes prennent-ils plus de temps à développer leur qualités physiques au moyen d'exercices physiques, ou bien leurs qualités mentales...? J'aurais tendance à croire qu'ils passent au moins 90 % de leur temps à effectuer des exercices physiques, ce qui prouve bien que c'est sous le plan physique que se jouent avant tout les compétitions.
Nicolas A-B a écrit :Ensuite, il est faux de dire que les jeux olympiques visent à permettre la célébration des qualités corporelles des athlètes. Le contraire était peut-être vrai dans la Grèce antique, mais aujourd’hui nous n’admirons plus les athlètes pour leur corps. Ceux qui sont admirés pour leur corps sont les mannequins. D’ailleurs, je trouve plus facile d’admirer le corps de Claudia Schiffer que celui de certaines femmes pratiquant l’haltérophilie ou le lancer du marteau.
Attention, cet argument me semble avoir une forte saveur sophistique. Admirer des athlètes pour leurs
qualités corporelles n'est absolument pas équivalent à les admirer pour leur corps. L'exemple que tu donnes toi-même parle de lui-même : On n'admire pas une haltérophile pour son corps, mais on peut quand même l'admirer pour sa force, non ?
Nicolas A-B a écrit :Quant à savoir si les échecs sont un sport, c’est une question difficile à laquelle il n’est pas nécessaire de répondre pour savoir si les échecs ont leur place aux jeux olympiques.
Si tu sais ce qu'est un sport, et si tu sais ce que sont les échecs, il ne peut n'y avoir aucun doute. Or, le premier élément qui entre dans la définition d'un sport est "activité physique" et le premier élément qui entre dans la définition des échecs est "activité mentale".
D'ailleurs, considérez ceci : à mon avis, classer les échecs comme "sport" serait une rétrogradation pour les échecs, et non une promotion. En effet, les activités de l'esprit sont supérieurs aux activités du corps, et il est du devoir de toute personne qui apprécie les échecs pour ce qu'ils sont (une activité intellectuelle, ne pouvant être pratiquée que par les êtres doués de raison - les humains) de lutter pour que les échecs préservent un statut supérieur aux sports.