Bonjour, ça vaut le détour. Il ramasse Ilumzhinov et sa gang, Kasparov et a même un mot contre Korchnoi.
Juste pour vous mettre l'eau à la bouche:
“Even a dickhead will do a better job than Ilyumzhinov”
http://www.chessbase.com/newsdetail.asp?newsid=2495
Réjean Tremblay
Toute une entrevue de Karpov sur Chessbase
- Réjean Tremblay
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- François Dorion
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J'ai lu l'entrevue de Karpov, et je dois dire que j'ai été impressionné par sa lucidité relativement aqux problèmes d'organisation des échecs.
Il ne fait pas de doute qu'Ilioumjinov essaye actuellement de détruire tout ce qui est héritage soviétique dans la culture échiquéenne mondiale; l'importance du titre de champion du monde, l'importance de l'organisation de l'enseignement des échecs, l'importance du financement, sont tous des problèmes soulevés par Karpov qui font surface dans n'importe quelle situation où l'on tente de mettre sur pied une organisation échiquéenne qui se respecte.
Il est vrai que c'est d'abord Lénine, mais surtout Staline qui ont voulu donner, dans le monde moderne, une perspective populaire aux échecs, et que ces efforts ont été associés aux régimes communistes maintenant abhorés, ce qui peut expliquer la réticence des milieux financiers à appuyer la popularisation du jeu d'échecs; cependant, si on retourne en arrière dans l'histoire, on remarque des mouvements semblables promus par l'église (au Moyen-Age; vide: Le Noble Jeu des Échecs, Jean-Michel Péchiné, Découvertes Gallimard), ou par les casinos (se souvenir de l'mportance des casinos dans l'organisation des tournois majeurs du début du XXème siècle); l'objection communiste devrait donc pouvoir être surmontée.
Un problème plus grave est de faire place aux trois axes d'intervention susmentionnés dans les structures d'organisation; dans les années soixante et soixante dix au Québec, on a fait trop de place à l'objectif d'avoir un canadien-français (comme on disait le plus souvent alors) comme champion canadien, et trop peu de place aux deux autres aspects de l'organisation, l'enseignement et le financement, si bien que ce sont des intérêts excentriques (éches et math) qui ont occupé le champ de l'enseignement, avec le résultat que l'on retrouve aujourd'hui d'un isolement encore plus grand qu'auparavant des québécois excellant au jeu d'échecs, et que la question du financement n'a même pas reçu l'ombre d'une solution; le mécènat de Roger Lemelin dans les années soixante-dix ne mérite même pas à ce titre d'être mentionné, puisque c'est l'argent de son patron qu'il dépensait, et qu'il n'a strictement rien fait pour mettre le milieu de l'organisation en contact avec les milieux financiers susceptible de s'intéresser aux échecs; le résultat est au Québec, qu'après que chacun ait couru après le miroir aux alouettes, la situation est probablement, du point de vue des échecs, pire qu'avant.
Mais encore, dira-t-on, des gens si empressés de suivre le lièvre de bois méritent-ils de figurer au palmarès des échecs?
François Dorion
Il ne fait pas de doute qu'Ilioumjinov essaye actuellement de détruire tout ce qui est héritage soviétique dans la culture échiquéenne mondiale; l'importance du titre de champion du monde, l'importance de l'organisation de l'enseignement des échecs, l'importance du financement, sont tous des problèmes soulevés par Karpov qui font surface dans n'importe quelle situation où l'on tente de mettre sur pied une organisation échiquéenne qui se respecte.
Il est vrai que c'est d'abord Lénine, mais surtout Staline qui ont voulu donner, dans le monde moderne, une perspective populaire aux échecs, et que ces efforts ont été associés aux régimes communistes maintenant abhorés, ce qui peut expliquer la réticence des milieux financiers à appuyer la popularisation du jeu d'échecs; cependant, si on retourne en arrière dans l'histoire, on remarque des mouvements semblables promus par l'église (au Moyen-Age; vide: Le Noble Jeu des Échecs, Jean-Michel Péchiné, Découvertes Gallimard), ou par les casinos (se souvenir de l'mportance des casinos dans l'organisation des tournois majeurs du début du XXème siècle); l'objection communiste devrait donc pouvoir être surmontée.
Un problème plus grave est de faire place aux trois axes d'intervention susmentionnés dans les structures d'organisation; dans les années soixante et soixante dix au Québec, on a fait trop de place à l'objectif d'avoir un canadien-français (comme on disait le plus souvent alors) comme champion canadien, et trop peu de place aux deux autres aspects de l'organisation, l'enseignement et le financement, si bien que ce sont des intérêts excentriques (éches et math) qui ont occupé le champ de l'enseignement, avec le résultat que l'on retrouve aujourd'hui d'un isolement encore plus grand qu'auparavant des québécois excellant au jeu d'échecs, et que la question du financement n'a même pas reçu l'ombre d'une solution; le mécènat de Roger Lemelin dans les années soixante-dix ne mérite même pas à ce titre d'être mentionné, puisque c'est l'argent de son patron qu'il dépensait, et qu'il n'a strictement rien fait pour mettre le milieu de l'organisation en contact avec les milieux financiers susceptible de s'intéresser aux échecs; le résultat est au Québec, qu'après que chacun ait couru après le miroir aux alouettes, la situation est probablement, du point de vue des échecs, pire qu'avant.
Mais encore, dira-t-on, des gens si empressés de suivre le lièvre de bois méritent-ils de figurer au palmarès des échecs?
François Dorion