Pour revaloriser la théorie

Voir à la promotion des échecs au Québec !
Nicolas Audet Bouchard
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Pour revaloriser la théorie

Message par Nicolas Audet Bouchard »

Ce texte s’adresse d’abord à Thomas Brunet qui m’a avoué le peu d’intérêt qu’il éprouvait pour l’étude de la théorie.

L’idée m’en est venue de la constatation qu’un grand nombre de joueurs (souvent haut cotés) ressentaient aussi ce dédain. Il me semble que cette mauvaise attitude provient surtout d’une mauvaise compréhension de la nature de la théorie et je voudrais prouver que l’essence du jeu et la théorie sont liées et sont intéressantes.


Le jeu se divise en trois composantes : la théorie, la technique et l’intuition.
La tactique n’est que la voie concrète permettant la mise en œuvre des éléments relatifs aux trois composantes. Elle n’est pas une composante au même sens que les autres.

La théorie :
Elle est la connaissance pure et le fruit d'une grande part de la recherche analytique. On peut ainsi parler de théorie des finales ou de théorie des ouvertures. La théorie des finales est encore plus pure que la théorie des ouvertures dans la mesure où il est presque impossible qu’elle soit réfutée par d’autres recherches.

La technique :
La technique est la connaissance du jeu au travers de schémas et de patterns que l’on tente de répéter. On peut parler de technique de finale, de technique de mat ou de technique de milieu de jeu. La technique est une connaissance plus relative que la théorie.

L’intuition :
L’intuition est la composante du jeu la plus subjective. C’est l’évaluation relative que l’on donne à divers éléments positionnels. Par exemple : l’avantage matériel, le contrôle des cases blanches, l’affaiblissement de certaines cases clés ou la prise d’une colonne ouverte. S’il est possible de répertorier un grand nombre de variables positionnelles que l’on peut prendre en considération lorsque vient le temps d’évaluer une position, elles demeurent toutes assez subjectives et sujettes à des opinions diverses.

Le plan n’est pas proprement une composante du jeu, il n’est que le chemin que l’on emprunte pour obtenir la victoire. Ce chemin est théorique, technique ou intuitif selon le cas.



Après cette longue introduction, j’en arrive à ce qui m’intéresse particulièrement ici. Certains ont tendance à associer à la théorie l’idée qu’elle n’est que de la vulgaire mémorisation sans aucune intelligence. S’il est vrai que son caractère plus objectif la rend froide, la théorie qui ne serait que de la ''vulgaire mémorisation'' n’aurait aucun sens. La théorie est d’abord et avant tout une étude approfondie de toutes les ramifications possibles. Dans le cas des ouvertures, cette étude s’appuie sur des résultats statistiques, mais aussi sur des évaluations techniques et intuitives. Par exemple, on peut étudier une ouverture et arriver à la conclusion que telle variante produit une position contenant de nombreuses possibilités intéressantes.


La théorie est donc une tentative de cerner le jeu dans sa totalité et d’en extraire toute la vérité objective.

Je crois qu’une portion du dédain provient du fait que certains refusent que le jeu d’échecs soit un champ de connaissances qui s’acquièrent et se développent. Ils préfèreraient que le jeu se limite à n’être qu’un divertissement où on se laisse aller à notre intuition. En un sens, ils refusent l’idée qu’un jeu puisse exiger un effort d’acquisition de connaissances. Je crois qu’ils voudraient pouvoir s’améliorer aux échecs seulement qu’en jouant beaucoup, sans étudier. Malheureusement, tout ne s’acquiert pas que par l’expérience, certaines choses exigent un effort d’étude et de réflexion. Refuser de faire cet effort est un signe de paresse.


J’aimerais poursuivre en m’intéressant à une question pouvant découler de mes dernières considérations.

Que faut-il penser du Ramdom Chess? Le Ramdom Chess prétend éliminer la théorie des ouvertures pour accorder la prépondérance à la technique et à l’intuition. Dans le même esprit, on déclare craindre que le développement de la théorie dévore tout l’espace de jeu et ne laisse plus rien, ni à la technique, ni à l’intuition. Même si cette crainte semble peu réaliste, elle pose pourtant une question importante : serait-il acceptable que la théorie avale les deux autres composantes du jeu ?
Sommes-nous obliger de choisir entre deux extrémités ? Aucune théorie (Ramdom Chess) ou uniquement de la théorie (le prétendu futur du jeu).

Se contenter d’affirmer que la théorie fait partie de la nature du jeu parce qu’on la retrouve déjà dans des traités d’échecs très anciens ne répondrait pas véritablement à la question.
Ce qu’il faut se demander c’est : est-ce que l’on accepte que l’étude analytique puisse être une composante fondamentale d’un jeu ?
Pour un jeu de réflexion, il n’y a pas de raison pour que la réflexion se contente de s’exercer que durant le temps de compétition et jamais ailleurs. Un exercice de réflexion est pleinement compatible avec un exercice d’acquisition de connaissances tirant sa source dans une étude analytique.

Peut-être qu’on craint que la présence de la connaissance objective trop approfondie ne laisse aucune place à la nouveauté et à la créativité. Cette objection n’est pas fondée parce que l’étude contient aussi de la créativité, même si elle s’exerce à l’extérieur du temps de compétition.

La dernière objection à la présence de la théorie serait peut-être qu’on lui reproche de coûter trop de temps. Même si je peux compatir avec les gens qui manquent de temps, je pense que tout exercice demande du temps pour se perfectionner. Que ce soit du temps consistant à acquérir de l’expérience ou du temps pour faire de l’étude, cela m’apparaît être le même temps.
Je conçois qu’on puisse ne pas avoir envie de s’améliorer ou qu’un débutant ne s’intéresse pas à la théorie, seulement je n’accepte pas qu’on la dénigre bêtement.



Voilà, la théorie vise à connaître le jeu et c’est un noble but.


Nicolas Audet Bouchard

P.S.
Si vous connaissez des articles traitant de ce même sujet, cela m’intéresserait beaucoup de les lire.
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Réjean Tremblay
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Message par Réjean Tremblay »

Salut Nicolas, très beau texte!

Il y a 20 ans, on se faisait dire qu'avant 2300, l'étude des ouvertures, ce n'était pas trop important. Donc personnellement, je mettais beaucoup de temps sur les combinaisons et les finales, et j'adorais étudier les positions exploitant la puissance d'une paire de fou.

Le besoin d'étudier les ouvertures sérieusement a commencé avec mes tournois hors-Québec. Comme c'est nettement plus dispendieux qu'un tournoi à Charlesbourg ou au Montcalm, j'ai commencé à étudier la française Tarrasch plus à fond, et un peu l'Est-Indienne. J'ai aussi commencé à vivre des positions déséquilibrées, c'est à dire sacrifier la qualité avec ou sans pion en compensation pour développer l'initiative.

Évidemment, aujourd'hui, je suis tout à fait en accord avec l'importance de bien étudier les ouvertures dans le sens de bien les comprendre.

J'ai commencé à regarder une ouverture que j'aime bien via des parties des 10 derniers informateurs. C'était très riche en possibilités de toutes sortes.

Côté pratico-pratique, une bonne connaissance des ouvertures évite aussi de prendre 80 minutes pour les 15 premiers coups comme je l'ai fait jeudi soir passé!

Encore une fois, très beau texte, Nicolas!

Réjean Tremblay
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TheDrunkenMaster
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Message par TheDrunkenMaster »

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gilles groleau
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Message par gilles groleau »

Salut Nicolas

je ne crois pas que j'ai le plaisir de te connaitre.

Tout le monde a son idée. C'est souvent ca qui crée de l'interet.
On prend de trucs ici et là. Et souvent, des opinions contraires se rejoignent quelque part.


Je suis d'accord avec Olivier. La combativité ca ne s'apprend pas dans les livres. Ni l'instinct de survie dans des positions difficiles.Ni la concentration et la présence d'esprit sur l'échiquier.


J'ai par exemple du plaisir à étudier des finales de tours et pions; à comprendre la mecanique,à saisir les subtilités, à developper ma technique; et j'aurais du plaisir a pouvoir me servir de ces connaissances dans l'une de mes parties. ET j'aurais du plaisir à gagner meme 5 fois la meme finale en jouant exactement les meme coups. Application de techniques aquises difficilement.

Par contre, j'aurais aucun plaisir à gagner une partie si celle-ci était la replique exacte d'une partie entre Anand -Topalov. Ou encore moins une nulle de 15 coups identiques à une nulle entre deux GMI.

Mais quelques fois, il faut etre pratique. Il faut accepter de jouer des parties qui nous apportent aucun plaisir.
Louis Morin
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La théorie: un sujet beaucoup plus vaste qu'on ne le croit

Message par Louis Morin »

La théorie ne se limite pas à celle des ouvertures et des finales, loin de là. Il y a aussi tous les concepts tactiques (combinaison, clouage, etc.) et stratégiques (case forte, déséquilibre, pion doublé, initiative, paire de fous, etc.). Le volume "My System" de Nimzovich est un bon exemple de traité théorique traitant presque uniquement de stratégie.

Roman Pelts, durant ses cours théoriques (c'est-à-dire lorsqu'il n'analyse pas les parties de ses élèves), enseigne surtout la stratégie (durant le cours proprement dit) et la tactique (via les devoirs à faire à la maison). Les finales viennent bonnes troisièmes (le plus souvent sous forme d'études artistiques à résoudre à la maison, mais parfois aussi sous forme de positions théoriques importantes à connaître), et les ouvertures ne sont abordées que lorsque l'étudiant a des questions précises à poser.

Une exception: lorsque j'avais 1500 de cote, je jouais toujours la Hollandaise contre 1.d4. Après avoir vu plusieurs de mes parties, Pelts m'a fortement recommandé de changer pour 1...d5 , car le gambit de la dame amène des positions stratégiquement beaucoup plus formatrices pour joueurs en progression (avec pions isolés, pion pendants, etc.) que la Hollandaise (avec un pion "e" ou "d" faible et arriéré). Par contre, il ne m'a jamais demandé d'abandonner la défense Philidor ou le gambit Morra, car ces ouvertures peu pratiquées amènent tout de même des positions suffisammant formatrices à son goût du point de vue tactique et positionnel.

La notion stratégique sur laquelle j'ai reçu le plus de cours est la structure de Carlsbad, c'est-à-dire le squelette de pions qui découle de la variante d'échange du gambit de la dame (1. d4 d5 2. c4 e6 et éventuellement cxd5 exd5). Par contre, jamais la théorie de l'ouverture proprement dite n'a été abordée formellement.
Nicolas Audet Bouchard
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Message par Nicolas Audet Bouchard »

À Olivier Tessier-Desrosiers :

Il me semble avoir l’impression que les échecs et le hockey diffèrent. La stratégie est à mon avis beaucoup plus élaborée aux échecs qu’au hockey. De plus, les échecs sont un jeu qui offre du temps réservé à la réflexion. Ensuite, aux échecs, il est possible de reproduire n’importe quelle position, de l’analyser et de fournir une évaluation sur ce qui aurait dû être joué ou non. Donc, il me semble qu’aux échecs, on recherche une certaine forme de vérité.

Sauf si je me trompe, le hockey est un sport d’habiletés physiques et d’effort athlétique. Si l’expérience est importante dans les deux activités, il est normal que l’étude analytique ait un plus grand rôle à jouer aux échecs qu’au hockey.

À Gilles Groleau :

Pour moi, le jeu d’échecs est un problème que l’on tente de résoudre. Nous avons différents outils et différentes connaissances dont nous tentons de nous servir pour y parvenir.
Ainsi, si telle partie Anand-Topalov démontre que dans telle position, tel coup est le meilleur, il me semble en accord avec une certaine recherche de vérité qu’on le joue.

En général, j’admets que de nombreuses notions subjectives et des éléments externes peuvent cependant venir nous influencer. Par exemple, le fait de jouer une partie dans un temps limité, savoir que tel joueur déteste se défendre ou bien se rappeler que tel adversaire joue très mal contre une certaine variante secondaire douteuse, etc.

J’admets qu’il y a de nombreux aspects au jeu. Pourtant, je dirais qu’aux échecs la vérité est plus importante que le plaisir. On pourrait même dire que la recherche de la vérité est le plus grand plaisir en soi.

À Louis Morin :

Je crois qu’il est nécessaire de bien définir le mot théorie pour pouvoir en discuter et savoir de quoi on parle. La définition que j’ai donnée est celle-ci : elle est le fruit d’une recherche analytique, elle vise une forme de vérité objective.

J’accepte l’idée qu’il soit possible d’étudier un grand nombre d’exemple de parties et d’en extraire des lois générales concernant des principes positionnels ou tactiques.
Si je range les principes tactiques dans la catégorie des outils de la tactique, je classerais les principes positionnels d’une manière particulière.
Je dirais que la découverte des concepts se fait grâce à un travail que l’on peut qualifier de théorique. Par contre, je dirais que dans leur application, ces principes demande un travail intuitif. En ce sens, je subis peut-être l’influence de la théorie de Silman sur les déséquilibres.

J’admets que mes catégories peuvent être discutables. Vous savez peut-être s’il existe des autorités qui ont tenté de définir autrement les composantes du jeu. Si c'est le cas, cela m’intéresserait.
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François Dorion
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Message par François Dorion »

L'analyse systématique des oouvertures est souvent asppelée théorie, mais je ne suis pas certain que cette appellation soit correcte; dans les autres champs de la connaissance on appelle plutôt théorie un ensemble de principes qui expliquent des faits constatés empiriquement ou deds systèmes logiques déduits de ces principes. L'éthymologie du mot, theos (gr. Dieu) vient au support de cette sémantique.
Quaqnd au fond de l'argument, il est inévitable que l'étude de l'analyse systématique des ouvertures fasse partie de la discipline du joueur d'échecs, ne serait-ce que parce qu'il a à se familiariser avec diverses positions pour en arriver à élaborer sas technique et supporter son intuition (on a pas encore trouvé de substitut à l,expérience dans le processus de réussite).
Quant à la recherche de la vérité, c'est un thème qui a été souvent abordé par Jonathan Berry du temps où il était rédacteur en cehf de la revue En Passant. Il a certainement raison de soupçonner qu'il y a une part de vérité ne serait-ce que sur l,esprit humain dans le jeu d'échecs.

François Dorion
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TheDrunkenMaster
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Message par TheDrunkenMaster »

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Message par denis robitaille »

Pour élaborer un peu sur le message de François, je voudrais juste ajouter un petit grain de sel sur ce débat théorique sur la théorie de la théorie... ou bedon j'ai pas compris de quoi il s'agissait ;-)

Je pense aussi qu'on fait souvent un abus de langage en disant par exemple "tel coup est théorique", i.e. fait partie de la théorie.

Corrigez-moi si je me trompe mais la théorie n'est-elle pas, pour exprimer l'idée de façon plus précise, un ensemble de principes à partir desquels on porte un jugement (évaluation) sur une position donnée? Ex: on donne une suite de coups possibles découlant d'un schéma d'ouverture quelconque et on ajoute au bout d'une douzaine de coups:

"Dans cette position, les blancs disposent de plus d'espace, leurs pièces contrôlent plus de cases centrales que celles des noirs. Leur jeu est mieux développé. Comme nous supposons (c'est ça, la théorie!) que ces facteurs ont une grande importance pour ce qui est de déterminer le résultat de la partie, nous disons que les blancs disposent d'un léger/clair avantage et ont donc les meilleures chances de gain."

Tout celà est très souvent simplement résumé dans la plupart les manuels par un symbole du genre "+/-"

Donc étudier la théorie (que ce soit des ouvertures, du milieu de partie ou des finales) en revient à étudier les facteurs qui permettent d'évaluer les possibilités de jeu à partir de positions quelconques. Si nous avions une certitude absolue quand au résultat d'une partie à partir d'une position donnée, alors on ne parlerait plus de théorie mais bien de connaissance.

Bref, quand un GM ou un fort joueur vous suggère d'étudier la théorie, comme je crois comprendre que le fait m. Pelts, je ne pense pas qu'il vous conseille d'apprendre des coups par coeur!!

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Pour poursuivre sur ma lancée...

Message par denis robitaille »

Maintenant que mes obligations envers mon estomac sont remplies, permettez-moi de reprendre où j'en étais tout-à-l'heure...

Ok, donc Nicolas a écrit (sans rire, je pense) dans le message du haut les trucs suivants:

"La théorie :
Elle est la connaissance pure"


Woup-pe-laï! J'espère que quand tu parles de "connaissance pure", tu fais référence à "listes des suites de coups répertoriées dans les manuels". Parce que sinon, quand tu parles ensuite de la théorie des finales, ça voudrait dire qu'il y a une hiérarchie de pureté dans la connaissance pure... des certitudes absolues plus absolues que d'autres. Faut faire attention au vocabulaire qu'on emploie.

Puis:
"La technique :
La technique est la connaissance du jeu (...) plus relative que la théorie"


Mais la théorie est moins relative (que la technique) par rapport à quoi?? Me semble aussi qu'une meilleure définition de la technique serait l'application de solutions déjà connues à une série de problèmes possédant les mêmes caractéristiques (ex: finales Roi-pion vs Roi). Auquel cas, il s'agit alors d'une "vraie" connaissance pure si l'application de la technique mène à un résultat certain (1-0, 1/2-1/2, 0-1).

Encore un peu plus bas:
"L’intuition :
C’est l’évaluation relative que l’on donne à divers éléments positionnels."


Ah, vois-tu pour moi ça c'est la théorie. Par exemple la théorie de l'école classique dit que des pions occupant le centre dans l'ouverture sont forts et celle l'école hyper-moderne dit qu'ils sont faibles. Ne s'agit-il pas là d'une "évaluation relative que l'on donne à divers éléments positionnels"?

Dans un autre message, plus bas:
"À Louis Morin :
Je crois qu’il est nécessaire de bien définir le mot théorie pour pouvoir en discuter et savoir de quoi on parle."


Pour ça, je pense que t'as ben raison! Appliquons donc ça aussi aux mots "technique", "intuition" et "connaissance". Je sais que j'ai l'air de vouloir couper les cheveux en quatre, mais appelons les choses par leur nom et on va ainsi éviter de mêler autant m. Brunet que d'autres personnes désireuses de mieux comprendre le jeu.

Ok?
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Message par Louis Morin »

Définition de la théorie, selon le "Dictionnaire des échecs" de François Le Lionnais:

"La théorie aux échecs se laisse décomposer en plusieurs théories différentes; il y a autant de théories que de pahses de la partie: début, milieu, finale. Elles s'insèrent dans une théorie générale qui est l'ensemble, toujours en augmentation, des réflexions faites sur la réalité échiquéenne à partir de la pratique."
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Serge
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Théorie ou théorie pas ?

Message par Serge »

Bonsoir les théoriciens !

Je ne connais pas Nicolas, mais son message est clair : si on veut progresser, il faut étudier. Point. Que ca s'apelle théorie ou autre, il faut étudier si on veut réellement progresser.

Toutefois Nicolas, je ne crois pas que ce soit de la paresse que de s'abstenir d'étudier les échecs. C'est simplement une question d'intérêt. J'ai atteind 2000 points de cote sans véritablement consacrer de temps à l'étude des échecs. Tu vas sans doute me dire que j'aurais dû. Et je vais te répondre que peut-être que non. Voilà pourquoi :

Lorsque j'avais environ 1600 points, il était facile de trouver des partenaires d'échecs. Maintenant c'est pas évident!

Néanmoins, j'ai trouvé ton article fort intéressant et j'encourage tous ceux qui veulent progresser à suivre ton exemple.

Salutations

Serge
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Message par gilles groleau »

Voici quelques extraits de: Finales de pions par I.Maizelis

(j'espere qu'il n'y aura pas trop de typo)

Derrière l'apparente simplicité des finales de pions se cache une grande complexité. Néanmoins, le caractere original de ces finales,parfois incompréhensible, s'explique par les lois générales qui les régissent et dont la compréhension s'approche de plus en plus de la théorie échiquienne.


Le développement de la théorie des finales de pions est un processus vaste et complexe dont les particularités sont difficiles et parfois meme impossibles à préciser.


La période initiale d'accumulation de matériel et sa vaste vérification analytique fut extremement longue. L'ouvrage de J. Berger que l'on peut considerer comme la premiere experience de systématisation scientifique des échecs, représente un certain résumé de ce labeur.


Un livre que tu aimerais surement avoir Nicolas, si tu ne le possedes pas déjà.
Nicolas Audet Bouchard
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Message par Nicolas Audet Bouchard »

À Denis Robitaille,


Ton argumentation me semble strictement linguistique.

Je prends la peine de préciser qu’il faut s’entendre sur les termes que l’on emploie afin d’être capable de justement en discuter. Tu me réponds que tu n’emploies pas dans le même sens que moi certains termes et tu m’imposes tes définitions en prétendant quelles rendent invalides mes propositions.

Je n’ai pas entendu les expressions ''connaissance pure'' et ''théorie'' dans le sens de ''connaissance absolue''. Je les ai entendues dans le sens de : ''se rapportant à des réalités plus tangibles''. Ainsi, une variante concrète que l’on retrouve dans un manuel correspond ''selon cette définition'' à une connaissance plus pure qu’une idée abstraite concernant un vague concept positionnel traitant de l’avantage de la paire de fous.

Dans le même esprit il faut entendre l’expression ''plus relatif'' dans le sens de ''plus abstrait et plus général''.

Tu admets que ce qu’on appelle ''la théorie'' soit une application de principes d’évaluation pour un ensemble fini de possibilités connues. Dans la mesure où ces possibilités sont connues, mais évaluées relativement à certains principes, elles sont néanmoins connues.

Enfin, mes catégories visaient à aller du plus concret vers le plus général. Que l’on puisse faire des objections d’ordre sémantique n’invalide pas ces catégories. Je suis cependant d’accord que certaines précisions peuvent aider à l’intelligence du texte, mais elles ne constituent pas proprement des objections.
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denis robitaille
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Message par denis robitaille »

Bon ben là...

"Ton argumentation me semble strictement linguistique."
Ok, on va voir avec la suite.

"Je prends la peine de préciser qu’il faut s’entendre sur les termes que l’on emploie afin d’être capable de justement en discuter."
Exact. Maintenant si tu redéfinis (pour en changer le sens) les termes tels qu'ils sont acceptés dans la plupart des bouquins de théorie échiquéenne, on va avoir du fun à essayer de se comprendre. Si tu dis que tu veux convaincre quelqu'un que ça vaut la peine d'étudier la théorie, me semble que ça serait bon d'utiliser ces termes dans le même sens que dans les ouvrages qui parlent de théorie. Sinon le pauvre type risque de ne plus s'y retrouver.

"Tu me réponds que tu n’emploies pas dans le même sens que moi certains termes et tu m’imposes tes définitions en prétendant quelles rendent invalides mes propositions."
Est-ce ça veut dire que je suis obligé d'accepter les tiennes sans poser de questions si elles ne correspondent pas aux sens acceptés? Expliques-moi donc plus longuement c'est quoi la connaissance "plus" ou "moins" pure? L'intuition? La technique?

"Je n’ai pas entendu les expressions ''connaissance pure'' et ''théorie'' dans le sens de ''connaissance absolue''. Je les ai entendues dans le sens de : ''se rapportant à des réalités plus tangibles''"
Alors vérifie tes définitions dans un dictionnaire. J'ai des bouquins d'échecs, de philo et des dictionnaires ici qui ne disent pas la même chose que toi, kocé tu veux... j'essaie de communiquer avec une terminologie acceptée. Si tu commences à brasser ce bouillon-là en changeant le sens accepté d'éléments aussi lourds de sens que "connaissance", "pure", "théorie" ou "intuition", on va se comprendre comment?

"Ainsi, une variante concrète que l’on retrouve dans un manuel correspond ''selon cette définition'' à une connaissance plus pure qu’une idée abstraite concernant un vague concept positionnel traitant de l’avantage de la paire de fous."
Une variante concrète n'est pas une théorie (c'est bien comme ça que tu la définissais, "connaissance pure"?), tout comme un rapport météo sur la quantité de pluie tombée cette semaine n'est pas une théorie: c'est un juste un FAIT. Ne mélangeons pas les pommes et les oignons siouplait.

"Dans le même esprit il faut entendre l’expression ''plus relatif'' dans le sens de ''plus abstrait et plus général''."
Consulte un dictionnaire:
"Relatif: Qui n'a rien d'absolu; qui dépend d'autre chose."
"Abstraction: Opération de l'esprit, qui isole d'une notion un élément en négligeant les autres."
Tiens donc. Il aurait peut-être fallu dire dans ce cas "plus relatif dans le sens de moins abstrait"? Ou ben le contraire?
Quand on se sera entendu sur le sens des termes et qu'on aura éliminé les contradictions comme celle-là, on enchainera sur les idées.

"Tu admets que ce qu’on appelle ''la théorie'' soit une application de principes d’évaluation pour un ensemble fini de possibilités connues."
Je ne l'admets pas. Je l'affirme.

"Que l’on puisse faire des objections d’ordre sémantique n’invalide pas ces catégories."
Les objections visent ce que je suppose être un manque de cohérence entre les idées et la terminologie utilisée pour les communiquer. Dire "La théorie est la connaissance absolue", c'est une autre contradiction. Demande à Papineau ou à Fillion et reviens me voir après. Tel quel, ton texte ne fait pas sens.

"Je suis cependant d’accord que certaines précisions peuvent aider à l’intelligence du texte, mais elles ne constituent pas proprement des objections."
Je n'ai jamais vu des précisions constituer des objections, mais j'ai vu certaines précisions démontrer une clarté de la pensée.

A+ (j'espère!)
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La théorie versus le plaisir de jouer

Message par Hendrick Plante »

Salut a tous...

Je me demande si quelqu'un qui étudie beaucoup les échecs et qui perd une partie est plus triste que quelqu'un qui perd sans trop avoir mit de temps dans l'étude.

Le point que j'aimerais soulever c'est; est-ce que vous jouer pour le plairsir ou pour le gain. En fait les deux sont possible, mais votre étude est-elle orienté pour vous améliorer vous... ou bien pour battre votre adversaire.

J'ai remarqué que les joueurs ne réagissent pas tous de la meme facon face a la défaite. Certain réagissent bien d'autre moins bien. Est-ce important, notre facon de réagir..?

Je pense que oui.
Et pour cela je pense que notre facon d'étudier est également importante. Si on étudie mal, ou bien si on étudie les mauvaise choses, on progresse peu versus le temps qu'on y consacre. D'ou le sentiment d'insatisfaction de certains joueurs.

Je crois qu'un joueurs qui progresse a besoin d'un mentor pour orienter ses études. Pas nécessairement un professeur, mais quelqu'un de plus fort et qui prendra le temps de cerner les faiblesses du joueur en question et lui conseil un plan d'étude et des ouvrages de référence. Chaque joueurs a des besoins particuliers et participer régulierement a des cours qui ne lui sont pas destiné spécifiquement ne fait qu'augmenter la pression que le joueur se met sur les épaules pour rentabiliser cette dépense en temps et en argent.

La grande quantité de documentation disponible permet a chaque joueur d'avoir acces a la connaissance. Le tout est de savoir comment acquérir celle dont nous avons besoin et ce au moindre cout et effort possible. Le but est de minimiser la pression de rentabiliser. Moin de pression, egal plus de plaisir.

Le point principal ici est de redéfinir ce qui doit etre étudier et comment le faire. Apres tout, la progression ne doit pas se faire a tout prit... et sur le dos du plaisir de jouer.

Bien a vous... ;-)
Hendrick 'Pions Gratos' Plante
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Réjean Tremblay
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Message par Réjean Tremblay »

Salut Hendrick, ma vision à moi est quand je joue pour le plaisir, je me fous de gagner ou perdre. Le but c'est d'avoir du plaisir.

Quand je joue en tournoi, le fun est dans l'analyse d'après-partie et le social avec les autres joueurs ou joueuses. C'est la même chose quand je vais regarder jouer. Là c'est uniquement pour le plaisir.

Mais dans le feu de l'action d'un tournoi, je veux gagner. Je n'ai aucune pensé pour les dollars ou le temps investit. Sur un board, je voudrais sacrifié 2 sets de pièces pour mater. J'ai déjà dit que si je jouerais contre moi-même, je voudrais gagner des 2 côtés. J'essaie de donner mon 200% sur l'échiquier. Ça fonctionne pas toujours, mais c'est l'intention qui compte.

Je n'ai pas le sentiment de devoir rentabiliser l'argent que je mets dans les échecs. Sinon je pleurerais!! Donc je n'ai pas de pression de ce côté là.

Il y a des défaites qui sonnent quelques heures, voir une journée ou deux.

Je te dirais que si tu fais 3/5 dans un tournoi et que tu est content parce que tu as eu du plaisir, c'est correct!

Si tu as fais le même 3/5 dans ce tournoi, que tu as eu du plaisir à côtoyer des gens mais que tu veux travailler tes erreurs pour t'améliorer, c'est correct aussi.

Ça dépend de tes objectifs aux échecs!

Bien à toi,
Réjean Tremblay 8)
André Bourassa

Message par André Bourassa »

Salut Hendrick,

Pour ma part, j'ai eu environ 0 min disponibles pour étudier dans les 6 derniers mois. Par contre, je continue à m'amuser énormément. Je suis bien conscient de mes lacunes et je connais certains moyens pour améliorer bon bagage de connaissance.

Bien que je joue toujours une partie pour gagner, je suis généralement bon perdant. Par exemple, la semaine passée, j'ai annulé avec Réal Bisson. Et bien je me suis tellement fait de fun dans la partie que gagner, perdre ou annulé m'aurait laissé avec le même sourire. Durant cette même partie, il s'est ramassé avec 2 pions d'avance un moment donné. Une fois la nulle conclue il m'a tendu la main avec un grand sourire.

J'ai bien du plaisir à jouer avec lui, même si la plupart de nos parties se sont terminées par la nulle. Ceci ne montre pas l'acharnement qu'on met dans nos parties. Mais ce qu'il faut en retenir, c'est que malgré tous les efforts qu'on y met pour vaincre l'autre, nous sommes toujours heureux après la parties peut importe le résultat.

Des comportements semblables font des joueurs agréables à côtoyer et qu'on a hâte de rencontrer à nouveau.

J'ai bien hâte de jouer avec toi aussi Hendrick... dans quelques semaines. Je te promet une partie de plaisir! ;)
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SuperSteff
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Le plaisirs au échecs c'est l'étude!

Message par SuperSteff »

Le plaisirs au échecs c'est l'étude!

Je voudrais d'abord remercier Nicolas Audet-Bouchard pour avoir parti un sujet très intéressant!

Je crois que la seule chose qui peut motiver quelqu'un a jouer longtemps et sérieusement au échecs est la recherche de la vérité , mais cette vérité n'est pas quelque chose de statique mais bien dynamique . Cette vérité ce trouve sur l'échiquier et en nous, bien sur il est impossible d'atteindre cette ultime vérité pour le commun des mortels , mais des joueurs comme Fischer, Kasparov,Karpov, ect... quand on regarde leur partie ont s'apercois bien des fois que le résultas est dictée par une logique pur , c'est comme une pièce de Mozart jouer parfaitement !

Donc pour moi la théorie des ouvertures regorge de vérité quand au possibilité ultérieur de la partie, certains système comme la défense bénoni sont presque réfuter a un haut niveau! pourquoi ? par ce que ce système ne correspond a la vérité et enfrein des principes de jeu positionnel , pour moi le jeu positionnel correspond a la vérité du milieu de partie, ont voit d'ailleurs beaucoup de fort joueurs sur la scène internationnal usée de cette stratégie ... c'est a dire qu'il accumule plusieurs micro avantage positionnel pour créer une pression insuportable dans le camps adverse , et ainsi faire craquer la position!

L'observation de ses parties modèle est comme écouter une pièce de Mozart et procure un grand plaisirs .

ps:Je reviendrai sur le sujet si ca vous intéresse...

A+ **Droletsky**
Modifié en dernier par SuperSteff le mar. oct. 21, 2003 1:11 pm, modifié 2 fois.
gilles groleau
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Message par gilles groleau »

La tristesse face a la defaite.

Je crois que ca depend de la personnalite des joueurs.

Certains joueurs perdent moins souvent que d autres; c est alors plus difficile a supporter.

Mais pourquoi, un joueur perd moins souvent que d autres; et bien c est qu il ne joue pas contre les joueurs du niveau approprie.


Un score normal devrait etre entre 2 et 3 sur 5,soit 40 -60%. Si on fait 4.5 / 5, c est qu on a participe a un tournoi avec un niveau trop faible.

par exemple pour Rejean, dans son match contre Stephan, son score probable est 60%, donc 2.4 sur 4; c est donc un match potentiellement interessant pour lui. Jusqu ici, il a 2 /3 soit 66%.

Dans le tournoi du montcalm, son score probable est 3.6/5 soit 72%,
Donc, le tournoi est en moyenne un peu faible pour lui;

le probleme pour les clubs locaux, c est qu on na pas toujours des joueurs du bon niveau pour nous.

alors on arrete de jouer parce qu on perd toutes ses parties; ou bien on prend une retraite parce que c est trop facile.
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