Lundi soir dernier à Charlesbourg, Simon Laflamme a réclamé la nulle par triple répétition contre Uwe Heilmann. Uwe a cédé, mais n'était pas du tout convaincu qu'il y avait triple répétition.
Lors du tournoi précédent (le Zukertort), j'ai aussi réclamé la nulle par triple répétition contre Martin Fecteau, et lui non plus n'était pas convaincu qu'il y avait triple répétition, en dépit du fait qu'il joue aux échecs depuis quarante ans environ.
J'en déduis qu'il doit y avoir d'autres joueurs qui ne sont pas vraiment familiers avec cette règle et qui croient, par exemple, qu'il faut absolument jouer des coups comme Cd3-e5 Ta8-c8, Ce5-d3, Tc8-a8, Cd3-e5, Ta8-c8, Ce5-d3 Tc8-a8 pour obtenir une triple répétition, comme dans un échec perpétuel, en somme. Eh bien, non: Il suffit que la même position se reproduise trois fois, le même joueur ayant le trait chaque fois, peu importe quelles pièces ont bougé entretemps, ces trois positions identiques pouvant parfaitement apparaître au 33è, 37è et 71è coup, par exemple, et non au 33è, 35è et 37è coup, comme dans un va-et-vient. Et comme celui qui réclame doit le faire avant d'avoir joué son coup, c'est-à-dire, dans la plupart des cas, avant que cette triple répétition ne se soit effectivement produite, c'est souvent une grande surprise pour l'adversaire qui cherche à gagner et qui n'a vu la position se reproduire que deux fois et demie, quand la réclamation arrive!
Mais il ya plus subtil: Ces trois positions doivent être absolument identiques, non seulement dans le placement des pièces et des pions (le trait appartenant chaque fois au même joueur) mais aussi dans la capacité de mouvement de chaque pièce et de chaque pion. Par exemple, on peut imaginer une partie où la même position se produit apparemment six fois en cours de jeu:
La première fois, une prise en passant est possible au coup suivant. Les deux joueurs ont droit et au petit roque, et au grand roque.
La deuxième fois, la prise en pasant n'est évidemment plus possible, mais les deux joueurs ont encore droit et au petit roque, et au grand roque.
La troisième fois, les blancs, ayant joué leur tour roi puis l'ayant replacée en h1, ont perdu le droit au petit roque.
La quatrième fois, les blancs, ayant joué leur roi, puis l'ayant replacé en e1, ont aussi perdu le droit au grand roque.
La cinquième fois, les noirs, ayant joué leur tour dame puis l'ayant replacée en a8, ont perdu le droit au grand roque.
La sixième fois, les noirs, ayant joué leur tour roi puis l'ayant replacée en h8, ont aussi perdu le droit au petit roque.
Après tout cela, combien de fois la position s'est-elle répétée, pour les fins de la réclamation? Eh bien, pas une seule fois! Ces six positions sont toutes différentes les unes des autres, parce que les possibilités de mouvement diffèrent chaque fois, ce qui fait qu'on n'a jamais la même position!
Dans notre exemple, pour pouvoir réclamer une nulle par triple répétition, il faudra attendre la huitième fois: Les positions six, sept et huit seront vraiment identiques, aucune prise en passant n'étant possible, et les deux joueurs ayant perdu tout droit de roquer.
Connaissez-vous bien la règle de la triple répétition?
- Richard Sauvé
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Dom Cournoyer
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Salut Richard, tu viens de m'apprendre qu'il faut que le trait soit au même joueur à chaque fois. Je croyais que ce n'était pas le cas. Je pensais tout simplement qu'on a fixé le seuil à trois parce que parmi les trois positions identiques, il y en a au moins deux où le trait est au même joueur.
Mais bon, dans ce cas là, n'y aurait-il pas lieu de fixer le seuil à deux fois la même position (trait au même joueur les deux fois)?
Mais pour ce qui est des roques, c'est sensé ce que tu amènes comme point. De plus, la prise en passant est un autre cas qui s'appliquerait. La première photo «identique» où un pion a le droit de faire la prise en passant, n'est pas la même position que la deuxième photo «identique» où le pion ne peut plus faire la prise en passant.
Mais bon, dans ce cas là, n'y aurait-il pas lieu de fixer le seuil à deux fois la même position (trait au même joueur les deux fois)?
Mais pour ce qui est des roques, c'est sensé ce que tu amènes comme point. De plus, la prise en passant est un autre cas qui s'appliquerait. La première photo «identique» où un pion a le droit de faire la prise en passant, n'est pas la même position que la deuxième photo «identique» où le pion ne peut plus faire la prise en passant.
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Dom Cournoyer
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Dom Cournoyer a écrit :Salut Richard, tu viens de m'apprendre qu'il faut que le trait soit au même joueur à chaque fois. Je croyais que ce n'était pas le cas. Je pensais tout simplement qu'on a fixé le seuil à trois parce que parmi les trois positions identiques, il y en a au moins deux où le trait est au même joueur.
Mais bon, dans ce cas là, n'y aurait-il pas lieu de fixer le seuil à deux fois la même position (trait au même joueur les deux fois)?
Pour ce qui est des roques, c'est sensé ce que tu amènes comme point. De plus, la prise en passant est un autre cas qui s'appliquerait. La première photo «identique» où un pion a le droit de faire la prise en passant, n'est pas la même position que la deuxième photo «identique» où le pion ne peut plus faire la prise en passant.
- Richard Sauvé
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Serge Champetier m'a fait remarquer que, dans mon exemple, on pouvait théoriquement obtenir une vingtaine de fois la même position (apparente) sans que quiconque puisse réclamer la nulle par triple répétition.
C'est vrai si on ajoute aux positions déjà mentionnées celles, identiques, où c'est l'adversaire qui a le trait. Par exemple si, entre l'une ou l'autre répétition apparente, les blancs s'arrangent pour perdre un coup, de manière à ce que le trait soit aux noirs quand revient la position critique. Si on profite de toutes les occasions possibles de renverser le trait, on peut obtenir plus d'une vingtaine de répétitions apparentes, et pourtant aucune véritable répétition, au sens de la règle!
Mais tout ceci est fort peu probable dans la pratique: Ce qui risque d'arriver le plus souvent dans nos parties, c'est tout le contraire: Non pas que l'on croie voir une répétition là où il n'y en a pas vraiment, mais que l'on rate une répétition véritable parce qu'on comprend mal la règle, ainsi que je l'ai décrit dans mon premier message.
Ma dernière partie contre Martin Fecteau peut très bien servir d'exemple à ce sujet: Elle figurait dans la chronique "Stéphane contre Stéphane...", mais vous la trouverez aussi dans "bases Québec" en tapant "sauvé" dans le champ "blancs" ou "fecteau" dans le champ "noirs". C'est la toute dernière, au bas de la liste, pour Martin comme pour moi: Celle du Zukertort 2004. La même position se présente trois fois, soit après mon 39è, mon 43è et mon 45è coup. Mais comme il ne s'agit pas d'un va-et-vient semblable à un échec perpétuel et que ce ne sont pas les mêmes pièces qui bougent entre chaque répétition, on peut ne pas se rendre compte quand on ne connaît pas bien la règle. Martin m'a dit, au post-mortem, "Ici, je joue ...Tf7 pour la première fois, tu vois bien qu'il ne peut pas y avoir de répétition". A ce moment-là, non, mais ce n'était pas la position après...Tf7 qui devait se répéter, mais celle où cette tour se retrouvait en c7!
A Dom: Non, il est très fréquent qu'en finale, le joueur qui joue pour le gain tente quelque chose, puis se rende compte que son plan ne mène à rien. Il fait alors marche arrière, créant ainsi une répétition, pour ensuite tenter une autre manoeuvre. Ce serait trop facile pour le joueur qui a le dessous de s'en tirer avec une nulle s'il pouvait alors réclamer, après une seule répétition (deux fois la même position).
Mais le joueur qui cherche à gagner doit être aux aguets, après cette répétition: Il doit faire très attention à ne pas répéter une fois de plus, et s'il le fait, même dans une position gagnante, ce sera tant pis pour lui si son adversaire obtient la nulle en réclamant au bon moment.
Autre chose, Dom: Il va de soi qu'on ne peut pas considérer comme identiques une position où le trait est aux blancs et une autre où le trait est aux noirs: Imagine une position où les blancs peuvent mater en un coup: S'ils ont le trait, eh bien ils matent. S'ils ne l'ont pas, les noirs parent le mat et la partie continue. Ca fait toute une différence, non?
C'est vrai si on ajoute aux positions déjà mentionnées celles, identiques, où c'est l'adversaire qui a le trait. Par exemple si, entre l'une ou l'autre répétition apparente, les blancs s'arrangent pour perdre un coup, de manière à ce que le trait soit aux noirs quand revient la position critique. Si on profite de toutes les occasions possibles de renverser le trait, on peut obtenir plus d'une vingtaine de répétitions apparentes, et pourtant aucune véritable répétition, au sens de la règle!
Mais tout ceci est fort peu probable dans la pratique: Ce qui risque d'arriver le plus souvent dans nos parties, c'est tout le contraire: Non pas que l'on croie voir une répétition là où il n'y en a pas vraiment, mais que l'on rate une répétition véritable parce qu'on comprend mal la règle, ainsi que je l'ai décrit dans mon premier message.
Ma dernière partie contre Martin Fecteau peut très bien servir d'exemple à ce sujet: Elle figurait dans la chronique "Stéphane contre Stéphane...", mais vous la trouverez aussi dans "bases Québec" en tapant "sauvé" dans le champ "blancs" ou "fecteau" dans le champ "noirs". C'est la toute dernière, au bas de la liste, pour Martin comme pour moi: Celle du Zukertort 2004. La même position se présente trois fois, soit après mon 39è, mon 43è et mon 45è coup. Mais comme il ne s'agit pas d'un va-et-vient semblable à un échec perpétuel et que ce ne sont pas les mêmes pièces qui bougent entre chaque répétition, on peut ne pas se rendre compte quand on ne connaît pas bien la règle. Martin m'a dit, au post-mortem, "Ici, je joue ...Tf7 pour la première fois, tu vois bien qu'il ne peut pas y avoir de répétition". A ce moment-là, non, mais ce n'était pas la position après...Tf7 qui devait se répéter, mais celle où cette tour se retrouvait en c7!
A Dom: Non, il est très fréquent qu'en finale, le joueur qui joue pour le gain tente quelque chose, puis se rende compte que son plan ne mène à rien. Il fait alors marche arrière, créant ainsi une répétition, pour ensuite tenter une autre manoeuvre. Ce serait trop facile pour le joueur qui a le dessous de s'en tirer avec une nulle s'il pouvait alors réclamer, après une seule répétition (deux fois la même position).
Mais le joueur qui cherche à gagner doit être aux aguets, après cette répétition: Il doit faire très attention à ne pas répéter une fois de plus, et s'il le fait, même dans une position gagnante, ce sera tant pis pour lui si son adversaire obtient la nulle en réclamant au bon moment.
Autre chose, Dom: Il va de soi qu'on ne peut pas considérer comme identiques une position où le trait est aux blancs et une autre où le trait est aux noirs: Imagine une position où les blancs peuvent mater en un coup: S'ils ont le trait, eh bien ils matent. S'ils ne l'ont pas, les noirs parent le mat et la partie continue. Ca fait toute une différence, non?
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