Le jeu d'échecs, une science?
Posted by Eric Beaulieu on 13/9/2004, 8:44:52
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Le jeu d’échecs : Une science?
Dans son livre « Et le fou devint Roi », G. Kasparov décrit sa vision d’un champion mondial :
« (…) J’avais appris de Botvinnik à étudier les échecs, à continuer à chercher des idées dans toutes positions. C’est une méthode scientifique : apprendre les anciennes combinaisons, essayer d’améliorer des combinaisons célèbres, trouver des ouvertures nouvelles, des façons nouvelles de jouer le milieu de partie, une conception nouvelle de la partie entière, et ainsi de suite. Tout le monde étudie les parties du passé, c’est comme pour apprendre une langue. Mais, le vocabulaire une fois acquis, il faut l’utiliser pour une création personnelle – on ne devient champion que par un acte absolument personnel, marqué de votre sceau. Voilà, d’un seul coup, ce que j’ai compris. Ce fut une véritable délivrance, comme lorsqu’un oiseaux apprend à voler. »
- Kasparov, G., Et le fou devint Roi (1987).
Quelle révélation! Ainsi, après s’être imprégné des rudiments de cette « science » il entreprit de la renouveler selon ce qu’il appelle son propre style, « le style Kasparov ». Un acte créatif révolutionnaire. Nous pouvons reconnaître, dans ce court extrait, la façon « scientifique » dont Kasparov conçoit le jeu d’échecs. À mes yeux les styles des champions du Monde qui dominèrent leur époque (i.e. Steinitz, Capablanca, Fischer, Karpov, Kasparov, etc…), sont, par analogie, des lunettes qui permettent de considérer le jeu sous une différente facette ; celle dont le champion dominant maîtrise à la perfection. Cette domination permet de mieux comprendre le niveau de jeu de l’époque et enrichi la « science » du jeu.
Dans métapsychologie (1915), S. Freud s’entretient sur la science :
« (…) Ce n’est qu’après un examen plus approfondi du domaine de phénomènes considérés que l’on peut aussi saisir plus précisément les concepts scientifiques fondamentaux qu’il requiert et les modifier progressivement pour les rendre largement utilisables ainsi que libres de toute contradiction. (…) Comme l’exemple de la physique l’enseigne de manière éclatante, même les « concepts fondamentaux » qui ont été fixés dans des définitions voient leur contenu constamment modifié. »
- Freud, S., Pulsions et destins des pulsions dans Métapsychologie (1915)
La description philosophique de la science de Freud semble en accord avec celle de Kasparov sur la « science » des échecs ; Saisir les concepts fondamentaux, qui sont en mouvance constante, et les modifier pour en arriver à une meilleure compréhension, à un dépassement des connaissances.
Nul doute que les champions d’échecs qui ont dominé une époque ont tous une particularité en commun : Une vision différente du jeu qui mystifiait l’opposition.
Le jeu d’échecs, une science?
Eric Beaulieu
Le jeu d'échecs, une science? (par Eric Beaulieu)
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Le jeu d'échecs, une science? (par Eric Beaulieu)
Bonjour , un message importer de <<parlons échecs>> qui trouveras surement des intéresser ici .
SuperStef a écrit : dim. avr. 12, 2026 2:13 pm Il ne faut pas jouer vite , il faut penser vite. { GM Kévin Spraggett }