Poiros a écrit :Je ne connais pas grand chose, pour ne pas dire absolument rien, du gambit de l'aile.
Croire que les blancs veulent dominer l'aile dame est, je crois, ne pas comprendre le sens de la position. La façon dont je vois la position, je remarque les aspects suivants:
1. La structure de pion au centre risque fortement d'être fermé (d4 e5 pour les blancs, d5 e6 pour les noirs)
2. Les blancs veulent utiliser leur avantage d'espace pour attaquer l'aile-roi, puisque les noirs n'iront pas faire le grand-roque ici avec l'aile dame complètement ouverte!
3. Pour attaquer l'aile roi, il faut que le centre soit stable, ce qui n'est pas le cas dans une française (variante d'avance), oü la structure est la même, mais où les noirs ont du jeu en attaquant la base de la chaine de pions, le pion d4.
4. Je crois que l'idée des blancs, en déviant le pion c des noirs, est de pouvoir renforcer le pion d4 à l'aide du pion c, qui ira en c3.
Donc, pour conclure, en sachant que le centre se fermera, jouer FF5 semble natural et correct, en plus d'empêcher les blancs de positionner leur fou blanc en d3, la case la plus naturelle dans cette position.
Poiros
P.S: Je n'ai vraiment pas analyser la position, c'est juste mes impressions!
J'ai beaucoup apprécié votre réponse. Merci.
J'ai fait une recherche sur internet.
Wing gambit
http://www.google.ca/search?hl=fr&q=che ... ogle&meta=
= 2890 liens.
1a)
http://en.wikipedia.org/wiki/Wing_Gambit
After Black's 2...cxb4 there is another popular third move alternative for White, 3.d4. GMs Koltanowski, Bronstein and World Champion Alexander Alekhine have played this line.
1b)
Tartakover vous parle, partie # 1.
1.e4 c5, 2.b4
(…) « Toutefois, ce n’est que vers 1925 que les autres maitres modernes (Marshall, Spielmann, puis Kérès) ont commencé, eux aussi, à y prêter attention. »
Voir # 3 plus bas.
2)
http://www.chessgames.com/perl/explorer ... s=e4.c5.b4
nombre de parties / % gagnées / % nulles / % perdues
135 / 45,9 % / 18,5 % / 36,6 %
62 victoires, 25 parties nulles, 49 défaites (total = 136 parties au lieu de 135)
3)
http://en.wikibooks.org/wiki/Chess/Wing_Gambit
Batsford Chess Openings 2 (1989, 1994). Garry Kasparov, Raymond Keene.
On donne cette variante :
1.e4 c5, 2.b4 cxb4, 3.d4 d5, 4.e5 Cc6, 5.a3 Db6 (et non pas 5…Ff5).
Suite de # 1b). Par inversion de coups, Tartakover suggère 5…Dc7 et 5…Db6, mais pas un mot sur 5…Ff5.
= = = = = = = = = = = = = = =
SICILIAN WING GAMBIT
Aussi :
http://www.google.ca/search?hl=fr&q=%22 ... cher&meta=
= 672 LIENS.
Des parties cliquables, un régal.
http://www.sigidagi.com/chess/Wing.htm
J’y ai vu TRÈS PEU de Fc8-f5 dans l’ouverture chez des maitres.
Des exceptions remarquables (justement, ce sont des exceptions) :
Thomas A contre Schmid (1951, Hastings) (1-0 en 15 coups)
Thomas A contre Schmid (1952, Hastings) (1-0 en 15 coups encore),
Mais dans les deux cas, les circonstances étaient favorables à Fc8-f5, me semble-t-il.
Aussi :
Mariotti S contre Kuzmin GP :
1.e4 c5, 2.b4 cxb4, 3.d4 d5, 4.e5 Cc6, 5.a3 Db6 (libère d8 pour le roi, si jamais…), 6.Ce2 Ff5 (le Ce2 bloque le Fc1, donc Ff5 n’est pas une désertion…).
Plusieurs parties sont de maitres canadiens.
Au total (les stats), je ne vois aucune raison POUR LE MOMENT de me rallier à votre opinion selon laquelle le coup Fc8-f5 dans l’ouverture du Gambit Sicilien (Sicilian Wing Gambit) "semble natural et correct".
Étant donné que Ff5 est fort peu joué dans notre ouverture, et que Db6 et Dc7 sont recommandés vers le 5e coup, je suppose que la raison est que les Noirs veulent être en mesure de s’opposer aux prétentions des Blancs à l’aile-dame (sinon, pourquoi garder ces pièces à l’ouest ?). En conséquence, ET POUR LE MOMENT, je ne suis pas certain que vous ayez raison d’annoncer d’entrée de jeu que « (…) croire que les blancs veulent dominer l’aile dame est, je crois, ne pas comprendre le sens de la position. »
Jean-Pierre Rhéaume
« Ce qui est grave, ce n'est pas que tant de gens croient à l'astrologie, c'est qu'ils jugent de choses sérieuses avec des têtes qui croient à l'astrologie. » Jean Rostand (Inquiétudes d'un biologiste, 1976)