À Daniel, Sébastien,
Messieurs, j’assume que vous êtes sincères lorsque vous me demandez de défendre ma position. Pour cette raison, j’exprime ici mon point de vue sur le bye que j’ai pris en 4e ronde du Khalif, mais aussi sur l’attribution des byes en général, car il semblerait que lorsque le bye me concerne, on me tient une rigueur différente des autres joueurs.
Le bye de 4e ronde
Les règlements des échecs sont clairs, un bye peut être pris en 4e ronde s’il est demandé avant le début du tournoi. J’ai bien demandé à Claude Lessard un bye avant le début du tournoi. D’ailleurs Gaétan Lapierre – avec qui je ne suis pas en bons termes depuis quelques temps – peut néanmoins vous le confirmer; il m’a entendu le faire. En ce sens, je n’ai donc pas demandé une faveur à Claude, pas plus qu’il ne m’en a donné une.
Que vous soyez ou non d’accord avec cette possibilité permise par le règlement n’a rien à voir ici; j’y reviens plus loin.
Le bye dans un qualification
Rien dans les règlements n’interdit la prise d’un bye dans un tournoi de qualification. Vous pouvez penser qu’il en faudrait un, mais encore une fois, ça c’est une autre question.
Ainsi, outre le fait que le bye de 4e ronde doit être demandé avant le début du tournoi, tout bye – qu’il soit en première ronde ou en 4e – a le même effet; il donne un score de 0,5 pt. Parfois, cela peut s’avéré avantageux (mon cas ici), parfois non (si Sébastien gagne sa première ronde au lieu de prendre un bye, il se qualifie par le Grand Prix devant moi, en assumant qu’il obtienne les mêmes résultats pour le reste du tournoi; en un sens, c’est la perte d’un 0,5 qui lui fait rater la qualification). Évidemment, l’avantage ou le désavantage ne peut être apprécié qu’une fois les résultats compilés.
Mais le point ici est que s’il faut interdire le bye de 0,5, il faut le faire pour tous – pas seulement pour moi (Sébastien s’est qualifié en 2007 par le Khalif en prenant un bye de 0,5 en première ronde) – et pour toutes les rondes. Il faut aussi que le règlement soit sans équivoque, et surtout qu’il soit établi avant le tournoi, pas durant ou après.
Ce qui m’épate, c’est que personne n’a soulevé l’injustice – assumant bien sûr que cela en soit une – de cette pratique avant cette année. Et comme par coïncidence, c’est encore à mon sujet, et c’est par un joueur qui se sent lésé. Comme c’est facile d’accuser de copinage et de magouillage, au lieu de reconnaître sa propre responsabilité!
Le bye dans le Grand Prix
C’est un peu la même argumentation que pour le bye dans un qualification. Sauf qu’ici, comme il n’y a pas de règlement ‘national’, les organisateurs ont une certaine liberté. À Charlesbourg, le Grand Prix permet de compiler les byes pris en cours de route pour le score total. Ce n’est pas moi qui aie pris cette décision, ni Claude, ni Jocelyn.
Certes, on pourrait changer le règlement, mais encore une fois, il faudrait que ce soit avant le début du championnat. Et c’est tout à fait discutable. Voilà l’importance de débattre de ce point à l’Assemblée générale.
Encore une fois, personne n’a soulevé l’injustice d’une telle pratique – qui pourtant dure depuis le début du Grand Prix – sauf cette année parce qu’un joueur semble se classer au détriment d’un autre.
J’en profite tout de même pour soulever ce point : si on ne comptait pas les byes pour cette édition du Grand Prix, je terminerais 0,5 pt devant Sébastien puisqu’on ne compterait pas les 2 byes de 0,5 pt qu’il a pris (Millénium et Khalif) contre mon seul (Khalif).
Ma demande de bye
Ceci nous amène à ma demande de bye. Lors du Capablanca, la date d’accouchement se précise; elle est prévue pour les dernières semaines du Khalif. Comme je sais bien – étant donné ma connaissance des règlements – que sans demande de ma part avant le début du tournoi, j’aurai zéro si l’accouchement tombe en 4e ronde, j’en fais part à Claude.
Notez qu’à ce moment, je ne sais pas que Réjean Tremblay jouera, pas plus d’ailleurs qui seront les autres joueurs. Alors lorsqu’on m’accuse d’avoir pris un bye stratégique aux seules fins d’éviter de le rencontrer n’est pas exact. J’aurai eu ce bye peu importe mon adversaire, et j’aurais vécu avec les conséquences de ce score.
Par conséquent, votre lecture de ce qui s’est passé est sans fondement; vos réactions semblent plutôt basées sur l’amertume issu du fait que Sébastien rate la qualification du club que sur un réel magouillage. Comme je viens de l’expliquer, ma demande s’est faite selon les Règlements de la FQE, les règles de pratique du Club, mais surtout sans arrière pensée.
Le coup de tête
Je termine en citant un message du très MI Hébert qui semble bien expliquer la forte réaction émotive concernant ce sujet.
« En passant, mon opinion sur les byes : pas de byes d'un demi-point après la 1ère ronde, à moins que le joueur ne l'ait demandé AVANT le tournoi et que l'organisation ait annoncé qu'elle le permettrait. La règle de base c'est : je ne peux pas jouer donc j'obtiens ZÉRO point, peu importe la raison. » – Jean Hébert
Le désir du très MI Hébert n’a rien à voir avec l’existence ou la pratique des règlements, car ceux-ci, ne lui en déplaisent, permettent en ce moment aux joueurs de prendre de tels byes. Il se peut que vous aussi ayez aimé que ce soit différent, mais vouloir n’implique pas que vous ayez raison, pas plus qu'il n'implique que l'autre vous ait passé un sapin. Les tournois se tiennent selon des règles qui doivent être appliquées, à moins qu’elles ne soient changées avant le tournoi, pas sur un coup de tête, mais suivant une bonne réflexion.
Messieurs, vous pouvez comprendre pourquoi je souligne qu’encore une fois, on semble me reprocher d’avoir recours aux mêmes possibilités que les autres joueurs. Après mon explication, j’espère que vous m’appellerez Stéphane, au lieu de Beaudoin, que vous ferez vos excuses à ceux qui ont été l’objet de vos accusations, et qu’on pourra se donner une vraie poignée de main.
Cheers,
Stéphane




