Dominick Blanchette a écrit : Le nouvel organisme ne pourra pas entrer dans les écoles... je peux vous l'affirmer. L'école ne cherche pas à former des champions... l'école cherche des activités pour occuper leurs jeunes.
Je sais très bien que les écoles ne cherchent pas spécialement à former des champions aux échecs... pourtant la solution est toute simple, c'est de ne pas présenter les choses de cette façon. On peut vouloir (entre autres choses) former des champions, mais sans le dire expressément.
De toute façon, l'immense majorité des enfants n'ont ou bien pas le talent, ou bien pas la volonté de devenir maîtres. Il serait à mon sens assez facile pour l'AEM ou l'AÉ d'identifier les quelques enfants qui se démarquent nettement des autres, puis de les aiguiller vers un enseignement plus avancé dans le but d'en faire de bons joueurs et même des maîtres. Tout ce qui manque en ce moment, c'est la "volonté politique" de le faire.
Dominick Blanchette a écrit : Dans l'histoire des échecs au Québec, je n'ai pas vu de forts joueurs bien vivre de leur art encore. Alors pour les parents, je peux comprendre qu'ils veuillent pousser les jeunes vers le hockey plutôt que les échecs...
Très franchement, parmi tous les jeunes Québécois poussés par leurs parents vers le hockey, combien vont jouer un jour dans la Ligue Nationale? D'après moi, les chances de devenir millionnaire sont au moins aussi bonnes en achetant régulièrement des billets de loto.
Il me semble que les parents devraient pousser leur enfant vers un domaine dans lequel ils excellent. Si c'est le hockey, tant mieux. Mais si ce sont les échecs, pourquoi pas?
En réalité, on peut être Québécois et bien vivre des échecs. L'exemple qui me vient à l'esprit est Kevin Spraggett. Bien sûr, il a dû s'expatrier, mais ça arrive dans beaucoup de professions. Si un Québécois a un doctorat en physique, il risque fort de devoir accepter un poste qui s'ouvre dans une université étrangère s'il veut faire carrière dans son domaine. Si un Québécois a le calibre de jouer dans un orchestre symphonique, les chances de se trouver un poste au Québec sont quasi nulles... mais ailleurs dans le monde, il y en a plein d'orchestres, il a juste à accepter d'aller jouer là où un poste s'ouvre. Aux échecs, c'est la même chose. Les tournois internationaux sont organisés d'un bout à l'autre de la planète. Si on suit l'itinéraire d'un Bobby Fischer par exemple, on voit bien que ce n'est pas aux Etats-Unis qu'il a fait carrière. C'est évidemment quelque chose qu'il faut dire aux jeunes avant qu'ils n'investissent toutes leurs énergies dans les échecs... mais pourquoi les décourager de faire carrière aux échecs si ça leur dit et s'ils ont le talent pour le faire? Si tout ce qu'il leur manque, ce sont des cours de haut niveau, ce serait quand même dommage de ne pas leur offrir cette possibilité?
Dominick Blanchette a écrit : Je ne dis pas cependant qu'un nouvel organisme fondé par l'élite ayant pour mission de développer des champions ne peut pas réussir... il y a encore un peu de place pour des gens qui "maîtrisent" les échecs et qui ont le profil entrepreneur...
Je pense que personne ne peut exceller en tout. Quelles sont les chances que quelqu'un qui soit assez talentueux pour devenir maître aux échecs le soit également en entrepreneurship? Le plus simple serait que les entrepreneurs dans le domaine de l'enseignement fassent une petite place aux maîtres pour enseigner aux jeunes prometteurs. Comme je l'ai dit plus haut, tout ce qui manque actuellement chez AEM ou AÉ, c'est la volonté de le faire.