Promotion des échecs en Turquie

Voir à la promotion des échecs au Québec !
Louis Morin
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Message par Louis Morin »

benoitstpierre a écrit :Quelle est la réponse de la FQE ?
Benoit

Tu siégeais sur le CA de la Fédération il n'y a pas si longtemps. Nicolas aussi. Et on connaît vos réponses. Est-ce qu'une majorité de gens sur le CA abonde dans le même sens? Toi et Nicolas êtes mieux placé que moi pour le savoir.

Tout ce que je peux dire de façon certaine, c'est que les deux employés actuels de la FQE (Richard Bérubé et moi-même) ne croient pas qu'il soit très avisé, de la part de personnes qui font partie de l'organisation des échecs à quelque niveau que ce soit, de tuer dans l'oeuf l'émergence de futurs champions au Québec.
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benoitstpierre
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Message par benoitstpierre »

Louis,

Dans **Searching for Bobby Fischer**, quand Pandolfini amène les parents de Waitzkin apprécier l'exotisme de la faune d'un tournoi d'échecs, tu ne dois donc pas trouver ça très avisé non plus. Tout comme tu ne devrais pas trouvé avisé de parler aux parents des traits paranoïdes de Spraggett : vaut mieux garder ça entre nous, se faire bonne presse et entretenir le mythe du héros qui a surmonté tous les obstacles pour porter à bout de bras le rêve d'un peuple.

Je ne crois pas vraiment que de parler ouvertement des difficultés à devenir GMI et à jouer sa vie aux échecs tue dans l'oeuf quoi que ce soit. Entre les intérêts de la fédération et celle de ses membres, le choix est plutôt facile à faire. À moins de préférer les manières des bonzes de la LHJMQ et de sélectionner des jeunes de 15-16 ans qui ne font pas partie de leur plan, juste pour assurer leurs arrières : peu importe que ces jeunes ne puissent plus obtenir de bourses pour jouer dans les College étasuniens aussitôt qu'ils jouent une seule partie dans le circuit Courteau !
Louis Morin
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Message par Louis Morin »

benoitstpierre a écrit : Dans **Searching for Bobby Fischer**, quand Pandolfini amène les parents de Waitzkin apprécier l'exotisme de la faune d'un tournoi d'échecs, tu ne dois donc pas trouver ça très avisé non plus.
Je ne sais pas pourquoi tu dis ça. Au contraire, il ne faut rien cacher de la vérité, et brosser un tableau tout à fait objectif. L'idée n'est pas de former des champions à tout prix en faisant de la "vente sous pression", mais simplement de donner l'heure juste.
benoitstpierre a écrit : Tout comme tu ne devrais pas trouvé avisé de parler aux parents des traits paranoïdes de Spraggett
Ici, tu as raison. La personnalité de Spraggett n'a rien à voir avec son choix de carrière, tout comme la maladie (alcoolisme) d'Ivanov. Il y a plein de paranoïdes et d'alcooliques qui ne sont pas joueurs d'échecs professionnels, tout comme il y a plein de joueurs d'échecs professionnels qui ne sont ni paranoïdes ni alcooliques. Effectivement, je ne trouverais pas très avisé de parler de ça aux parents d'enfants prometteurs.
benoitstpierre a écrit : Je ne crois pas vraiment que de parler ouvertement des difficultés à devenir GMI et à jouer sa vie aux échecs tue dans l'oeuf quoi que ce soit.
Tout à fait d'accord, il faut en parler. Mais dire qu'il est carrément impossible de gagner sa vie comme joueur d'échecs au Québec, ou encore que c'est "possible, mais implausible et indésirable", ça peut tuer dans l'oeuf plus d'une brillante carrière.
benoitstpierre a écrit : Entre les intérêts de la fédération et celle de ses membres, le choix est plutôt facile à faire.
Je crois que les intérêts des deux coïncident. La Fédération n'a pas intérêt à fournir une information biaisée (dans un sens ou dans l'autre), tout comme ni les membres ni les parents n'ont intérêt à recevoir une information qui ne reflète que les préjugés de certains.
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Dominick Blanchette
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La vérité...

Message par Dominick Blanchette »

Louis Morin a écrit :
Dominick Blanchette a écrit :
Vos exemples pour démontrer que quelqu'un peut bien vivre des échecs n'est pas convainquante. Moi en tout cas, je ne compte pas de blagues aux parents et leur dit la vérité lorsque ces questions me sont posées.
"La" vérité... ou "votre" vérité? Si des parents vous demandent s'il est possible de gagner sa vie en jouant aux échecs, vous leur dites quoi exactement? Je serais bien curieux de le savoir.
Ce que je réponds à cette question c'est: il est possible de gagner présentement sa vie en ne jouant qu'aux échecs que si on atteint un très haut niveau de jeu (être parmis les 25 meilleurs au monde) et qu'on décide de faire le saut en europe. Au Québec, si quelqu'un veut réussir à bien vivre (et non seulement survivre), en plus d'être un très bon joueur, il devra avoir d'autres cordes à son arc, donner des leçons et s'impliquer dans le milieu pour stimuler le développement. Au Québec, quelqu'un ne peut tout simplement pas bien vivre qu'en jouant seulement aux échecs.

À ça, les parents me posent la question suivante: tu as toi même un enfant qui est actif aux échecs... et tu es aussi impliqué dans le milieu. Est-ce que tu pousses ton enfant à poursuivre son développement afin qu'il poursuivre une carrière dans les échecs? Que répondrais-tu à ces parents Louis, si tu étais à ma place?

Si ce n'est pas trop indiscret Louis, as-tu des enfants?
Ciao!

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benoitstpierre
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Message par benoitstpierre »

Louis,

J'ai écrit une longue réponse hier, mais je l'ai perdue... Maudit Windoze !

En gros, ce que je disais, c'est que la FQE pourrait répondre qqch du genre :

Il faut avoir une passion dévorante pour vouloir gagner sa vie aux échecs, passion qui par ailleurs en a dérouté plus d'un. Les investissements et les embûches sont tels qu'il vaut mieux ne pas mettre tous ses oeufs dans ce panier. Les échecs ne nuisent pas aux études, au contraire, comme le témoignent plusieurs cas : Botvinnink, Euwe, Hübner, Spraggett, Charbonneau, Zugic, etc.

Ceci dit, il est tout à fait possible de devenir un joueur d'échecs professionnel, même si on peut compter sur les doigts d'une main les Québécois qui y ont réussi. Peut-être qu'il s'agit d'un sacerdoce qui n'appartient qu'au personnage exceptionnel. Or justement, ce sont des cas d'exception : pour eux, tout est possible. Comme la plupart des très forts joueurs d'échecs, contre lesquels ils devront se mesurer.

On pourrait donner également des données du genre que donne un conseiller en orientation. Décrire les aptitudes requises, les conditions de travail, les perspectives d'avenir, etc. Ce n'est pas qqch que la FQE a déjà fait, je crois. Mais si elle se dote d'un programme pour faire émerger des futurs héros du peuple, faudra penser à le faire.

Me réponse personnelle est assez simple : pour qu'un Québécois devienne joueur d'échecs professionnel, il faut une rarissime combinaison de passion irrépressible et de talent foudroyant.
Louis Morin
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Re: La vérité...

Message par Louis Morin »

Dominick Blanchette a écrit : Si ce n'est pas trop indiscret Louis, as-tu des enfants?
Je n’ai pas d’enfants… du moins pas encore.
Dominick Blanchette a écrit : Il est possible de gagner présentement sa vie en ne jouant qu'aux échecs que si on atteint un très haut niveau de jeu (être parmi les 25 meilleurs au monde)
En visitant le site de la FIDE, je constate que la cote du 25e joueur au monde est 2692. N’est-ce pas placer la barre un peu haute pour pouvoir gagner sa vie rien qu’en jouant aux échecs?

Kevin Spraggett a en ce moment 2580. Depuis 20 ans sa cote oscille entre 2500 et 2600. Igor Ivanov avait autour de 2520. Les deux ont pourtant exercé la profession de joueurs d’échecs à temps plein, l’un en Europe, l’autre aux Etats-Unis.

La cote de 2500 correspond ni plus ni moins au titre de grand maître international (GMI). Une petite recherche sur le site de la FIDE permet d’apprendre qu’il y a en ce moment 1258 GMI, dont 440 seulement à moins de 2500. D’après moi, tous les joueurs cotés à plus de 2500 ont la capacité de gagner leur vie rien qu’en jouant aux échecs, du moins pour ceux qui le désirent. Il y a 169 joueurs cotés à plus de 2600, et 835 joueurs entre 2500 et 2600. Ce qui donne plus de 1000 joueurs susceptibles de gagner leur vie rien qu’en jouant aux échecs, plutôt que les 25 que tu mentionnes.

A noter aussi que plusieurs joueurs cotés à moins de 2500 ont aussi réussi à se bâtir une carrière intéressante. Qu’on pense par exemple à Mark Dvoretsky, considéré comme le meilleur entraîneur au monde, mais « seulement » maître international lui-même; Jeremy Silman, maître international coté à « seulement » 2383, mais auteur prolifique (déjà plus de 35 livres d’échecs). D’accord, c’est vrai qu’ils ne font pas que jouer aux échecs, mais c’est quand même parce qu’ils ont entrepris une carrière de joueur d’échecs que de telles opportunités se sont présentées à eux.
Dominick Blanchette a écrit : Au Québec, quelqu'un ne peut tout simplement pas bien vivre qu'en jouant seulement aux échecs.
Pour ce qui est du Québec, bien sûr qu’il est n’est pas possible d’y gagner sa vie rien qu’en jouant aux échecs. Mais cette remarque vaut pour à peu près tous les métiers non conventionnels. Par exemple, si je veux faire carrière comme chef d’orchestre ou premier violon dans un orchestre mondialement réputé, il est plus que probable que je doive accepter de travailler ailleurs qu’au Québec, là où un poste va s’ouvrir. Même chose si je veux jouer au hockey dans la Ligue nationale (ce qui semble le but de bien des parents pour leur enfant), car il n’y a qu’une équipe québécoise sur 30. Ce ne sont là que deux exemples parmi une infinité. Mais évidemment, pour quelqu’un qui tient à tout prix à demeurer au Québec toute sa vie, jouer aux échecs ne représente sûrement pas le meilleur choix de carrière!
Dominick Blanchette a écrit : Les parents me posent la question suivante: tu as toi même un enfant qui est actif aux échecs... et tu es aussi impliqué dans le milieu. Est-ce que tu pousses ton enfant à poursuivre son développement afin qu'il poursuivre une carrière dans les échecs? Que répondrais-tu à ces parents Louis, si tu étais à ma place?
D’abord, je ne crois pas qu’il soit bon de « pousser » un enfant dans une direction précise. C’est à lui de décider ce qu’il veut faire plus tard, et non à moi de le lui imposer. Cela dit, s’il adore les échecs et a vraiment envie de devenir bon, et si en plus j’ai l’impression qu’il a vraiment du potentiel, alors pourquoi devrais-je tenter de l’en dissuader? Après tout, il y a tellement peu d’enfants qui peuvent aspirer à devenir champions dans quelque discipline que ce soit. Je crois ici que l’idée n’est pas de « pousser » mon enfant à jouer aux échecs à tout prix, mais bien de l’encourager dans sa démarche si c’est vraiment ce qu’il désire.

Cela dit, à partir de quel âge peut-on sérieusement envisager de faire carrière aux échecs? En fouillant dans les anciennes revues, j’ai reconstitué le parcours de nos deux derniers grands maîtres lorsqu’ils étaient enfants (à noter que j’ai regardé les cotes d’année en année à la même période, et non de deux mois en deux mois).

D’abord Alexandre Lesiège. Il commence à 10 ans à jouer dans les tournois FQE (il a sûrement joué dans les tournois scolaires avant), et sa première cote permanente est 1376. Un an plus tard, il est déjà rendu à 1892. Deux ans plus tard, nouveau bond à 2157. Il devient maître à 13 ans (2264), puis atteint 2373 à 14 ans, 2397 à 15 ans et 2471 à 16 ans.

Pascal Charbonneau a aussi commencé à 10 ans dans les tournois FQE, avec une première cote permanente de 1406. Lui aussi a fait un grand bond à 11 ans (1868), puis suivent 2006 à 12 ans, 2104 à 13 ans, 2164 à 14 ans, 2308 à 15 ans, et 2347 à 16 ans.

Je me souviens d’une entrevue d’Alexandre Lesiège à 13 ans, lors d’une petite cérémonie pour célébrer son accession à la maîtrise. Une journaliste lui avait demandé ce que ça signifiait pour lui le titre de maître. A-t-il répondu que ce n’était pour lui qu’une étape dans son cheminement vers le titre de grand maître et une carrière comme joueur d’échecs professionnel? Pas le moins du monde. Il a juste répondu qu’il était bien content, parce que maintenant il allait pouvoir jouer gratuitement dans les tournois.

Tout ça pour dire que même à 13 ans, avec le titre de maître en poche, Alexandre voyait encore les échecs plus comme un jeu que comme une future carrière. Alors disons qu’un parent me présente son enfant de 7 ou 8 ans qui fait peur à tous ses copains avec sa grosse cote de 1200, et me demande s’il devrait le « pousser » à poursuivre son développement afin qu'il poursuivre une carrière dans les échecs? Eh bien, je répondrais qu’il est évidemment bien trop tôt pour penser en fonction d’une carrière, mais que si l’enfant a vraiment envie de devenir bon aux échecs, il n’y a rien de mal à l’aider à poursuivre son développement en lui faisant suivre des cours d’un fort joueur. Entre 10 et 16 ans, il pourra toujours comparer son cheminement avec ceux de Lesiège et Charbonneau, et éventuellement décider si une carrière de grand maître aux échecs est réaliste pour lui.

J’espère avoir répondu convenablement à tes questions.
Louis Morin
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Message par Louis Morin »

benoitstpierre a écrit : La FQE pourrait répondre qqch du genre : Il faut avoir une passion dévorante pour vouloir gagner sa vie aux échecs, passion qui par ailleurs en a dérouté plus d'un.
Opinion toute personnelle que je respecte, mais que je ne partage pas. En tout cas, ce serait assez incroyable que la FQE se mettre à répondre de la sorte. Je t’accorde qu’une petite minorité de joueurs d’échecs ont l’air assez déroutés, mais est-ce vraiment leur passion dévorante pour le jeu qui les a rendu ainsi? J’en doute fort, j’ai plutôt l’impression qu’ils étaient déjà comme ça avant de commencer à jouer. N’oublions pas qu’en Amérique du Nord les échecs sont vus comme une activité plutôt marginale, et donc plus susceptibles d’attirer des personnes un peu bizarres. Mais en Europe et partout dans le monde où les échecs sont bien perçus, ce problème est inexistant.
benoitstpierre a écrit : Les investissements et les embûches sont tels qu'il vaut mieux ne pas mettre tous ses oeufs dans ce panier. Les échecs ne nuisent pas aux études, au contraire, comme le témoignent plusieurs cas : Botvinnink, Euwe, Hübner, Spraggett, Charbonneau, Zugic, etc.
100% d’accord, un jeune d’âge scolaire ne devrait jamais négliger ses études pour ne se consacrer qu’aux échecs.
benoitstpierre a écrit : Ceci dit, il est tout à fait possible de devenir un joueur d'échecs professionnel, même si on peut compter sur les doigts d'une main les Québécois qui y ont réussi.
Oui, mais combien ont seulement essayé? Je veux dire en ne restant pas au Québec? Si presque personne n’essaie vraiment, il est évidemment que presque personne ne peut réussir.
benoitstpierre a écrit : On pourrait donner également des données du genre que donne un conseiller en orientation. Décrire les aptitudes requises, les conditions de travail, les perspectives d'avenir, etc. Ce n'est pas qqch que la FQE a déjà fait, je crois. Mais si elle se dote d'un programme pour faire émerger des futurs héros du peuple, faudra penser à le faire.
Pas d’accord. On peut toujours dire qu’une des missions de toute Fédération sportive est de développer des champions… mais est-ce le rôle de la Fédération d'en faire des professionnels? Les universités enseignent un savoir et décernent des diplômes, mais pour ce qui est de se trouver un emploi par la suite, c’est à chacun d’y voir.
benoitstpierre a écrit : Ma réponse personnelle est assez simple : pour qu'un Québécois devienne joueur d'échecs professionnel, il faut une rarissime combinaison de passion irrépressible et de talent foudroyant.
C’est vrai pour tout le monde, pas seulement pour les Québécois. Pour que n’importe qui dans le monde devienne joueur d'échecs professionnel, il faut une rarissime combinaison de passion irrépressible et de talent foudroyant. C'est dur, mais les Québécois ont autant de chances que n’importe qui.
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Mario Alain
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Une bonne réflexion

Message par Mario Alain »

Merci Louis pour tes deux derniers courriels.

Ta réflexion m'a éclairée et motivée à poursuivre ma propre réflexion. :shock:
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Dominick Blanchette
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Re: La vérité...

Message par Dominick Blanchette »

Louis Morin a écrit :En visitant le site de la FIDE, je constate que la cote du 25e joueur au monde est 2692. N’est-ce pas placer la barre un peu haute pour pouvoir gagner sa vie rien qu’en jouant aux échecs?

Kevin Spraggett a en ce moment 2580. Depuis 20 ans sa cote oscille entre 2500 et 2600. Igor Ivanov avait autour de 2520. Les deux ont pourtant exercé la profession de joueurs d’échecs à temps plein, l’un en Europe, l’autre aux Etats-Unis.
Je sais très bien que l'on peut exercer une profession aux échecs avec une cote moins haute que les 25 premiers. Moi je disais que l'on pouvait très bien gagner sa vie en ne jouant qu'aux échecs en étant parmis les 25 premiers. Pour moi gagner sa vie c'est de pouvoir travailler en exerçant sa profession 30 ou 35 ans, pour pouvoir accumuler une retraite convenable vers 60 ans. Es-tu certain qu'un joueur d'échecs qui ne se trouve pas parmi le top 25 mondial pourrait réussir à faire ça seulement en participant à des tournois?

Je serais curieux de savoir comment M. Spragett gagne annuellement... et s'il n'arrondie pas ses fins de mois d'une autre façon. Pour Jeremy Silman, c'est l'exemple parfait de ce que je veux démontré: il faut posséder d'autres cordes à son arc pour se donner plus de chance dans le domaine des échecs. M. Silman a choisit d'écrire des livres plutôt que de jouer. Est-ce qu'il avait besoin d'une grosse cote pour le faire?
Louis Morin a écrit :Tout ça pour dire que même à 13 ans, avec le titre de maître en poche, Alexandre voyait encore les échecs plus comme un jeu que comme une future carrière. Alors disons qu’un parent me présente son enfant de 7 ou 8 ans qui fait peur à tous ses copains avec sa grosse cote de 1200, et me demande s’il devrait le « pousser » à poursuivre son développement afin qu'il poursuivre une carrière dans les échecs? Eh bien, je répondrais qu’il est évidemment bien trop tôt pour penser en fonction d’une carrière, mais que si l’enfant a vraiment envie de devenir bon aux échecs, il n’y a rien de mal à l’aider à poursuivre son développement en lui faisant suivre des cours d’un fort joueur. Entre 10 et 16 ans, il pourra toujours comparer son cheminement avec ceux de Lesiège et Charbonneau, et éventuellement décider si une carrière de grand maître aux échecs est réaliste pour lui.
Eh bien, on est d'accord! C'est exactement ce que je pense. Pour les exceptions (car Alexandre et Pascal sont des exceptions), on les encourage. Mais comme tu le notes, nous avons eu 2 exceptions dans les 20 dernières années. Et les deux exceptions ne vivent ni un ni l'autre des échecs. C'est ça mon point. Et j'ajouterai que pour devenir excellent dans une profession non conventionnelle, il faut effectivement mettre des efforts (pousser le jeune) afin qu'il perce bien... à moins d'avoir un talent extraordinaire. Parles-en aux joueurs de hockey professionnels, ou encore aux premiers violons d'un orchestre symphonique. La plupart te répondra qu'ils ont pratiquer et pratiquer lorsqu'ils étaient jeunes. S'ils peuvent s'amuser en même temps, eh bien tant mieux!

Et rassure-toi... si je vois une exception de ce genre se présenter à moi, soit assuré que je vais la référer aux autorités compétentes...
Louis Morin a écrit :J’espère avoir répondu convenablement à tes questions.
Tu as fait une excellente recherche, merci.
Ciao!

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Message par benoitstpierre »

Louis,

Merci pour tes réponses. Nous sommes à peu près d'accord sur tout, sauf un point.

Ce n'est peut-être pas à la Fédération de se comporter comme une association professionnelle. Mais si un parent appelle à la FQE pour qu'elle lui donne une idée des perspectives de carrière (supposons que son enfant a 7-8 ans, qu'il est sur le point de devenir expert ou maître et qu'il rêve de devenir le futur Anand), alors la FQE a tout intérêt à préparé fait la recherche que j'ai mentionnée. Ne serait-ce que pour donner l'impression que c'est l'organisme qui en sait le plus sur ce qui se passe dans le monde des échecs. Ce n'est pas nécessaire de bien faire les choses, mais il arrive parfois que ça s'avère utile.

Bien entendu, tout cela est bien hypothétique, puisque les jeunes sont encore bien loin dans les préoccupations de la FQE.
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Message par Louis Morin »

benoitstpierre a écrit :supposons que son enfant a 7-8 ans, qu'il est sur le point de devenir expert ou maître
Benoit

J'adore le réalisme de tes propos. Même Lesiège et Charbonneau n'étaient pas aissi précoces.
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Re: La vérité...

Message par Jean Hebert »

Dominick Blanchette a écrit : Et rassure-toi... si je vois une exception de ce genre se présenter à moi, soit assuré que je vais la référer aux autorités compétentes...
Dominick,

Il est probable que tu ne puisses pas "voir" ces exceptions pour deux raisons:
1) tu n'es pas à leur recherche;
2) tu n'as pas les compétences et l'expérience nécessaires pour évaluer le potentiel d'un joueur d'échecs. D'où l'intérêt de faire intervenir les "autorités compétentes" à une étape plus précoce du développement des jeunes.

Cela dit, ne te méprend pas sur le sens de mes propos. Comme tout le monde, j'apprécie et je respecte grandement tes efforts et ceux de l'Académie des échecs pour introduire les échecs aux jeunes. Je souhaiterais simplement que vos efforts puissent produire davantage de véritables passionnés du jeu d'échecs (incluant quelques "champions"), plutôt que de simplement leur en faire effleurer la surface ludique.
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Re: La vérité...

Message par Louis Morin »

Dominick Blanchette a écrit : M. Silman a choisit d'écrire des livres plutôt que de jouer. Est-ce qu'il avait besoin d'une grosse cote pour le faire?
OK, juste pour donner un exemple. Deux auteurs écrivent chacun de leur côté un livre intitulé «Comment devenir maître aux échecs». Le premier auteur est un maître international coté à 2400. Le deuxième auteur est un amateur coté à 1500. Lequel des deux est le plus crédible?

Si jamais tu as la chance, jette un coup d'oeil aux livres de Silman. Même s'ils s'adressent à des amateurs, il est évident qu'il fallait être très fort joueur pour les écrire.
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Jean Hebert
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Re: La vérité...

Message par Jean Hebert »

Louis Morin a écrit :
OK, juste pour donner un exemple. Deux auteurs écrivent chacun de leur côté un livre intitulé «Comment devenir maître aux échecs». Le premier auteur est un maître international coté à 2400. Le deuxième auteur est un amateur coté à 1500. Lequel des deux est le plus crédible?

Si jamais tu as la chance, jette un coup d'oeil aux livres de Silman. Même s'ils s'adressent à des amateurs, il est évident qu'il fallait être très fort joueur pour les écrire.
Curieusement, dans le domaine des échecs, on trouve normal que des gens qui en savent à peine plus que le mouvement des pièces et les règles de base puissent devenir "professeur d'échecs" et enseigner aux jeunes. Pourtant est-ce qu'on accepterait que des individus qui savent tout juste lire et écrire soient en charge de l'instruction au niveau primaire de nos jeunes ? Bien sûr que non! On exige plutôt une formation universitaire et une formation en pédagogie. D'ailleurs nous avons tous eu affaire à un certain nombre de ces professeurs "connaissants" et passionnés de leur matière: eux seuls sont en mesure de transmettre non seulement des connaissances mais la passion de leur sujet.

De là aussi l'intérêt de former des joueurs d'échecs du plus haut niveau possible. Si on veut un jour pouvoir enseigner convenablement les échecs, il faut développer de vrais joueurs qui pourront plus tard transmettre leurs connaissances et leur passion.
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Message par gilles groleau »

http://karpovchess.ca/

a quand un equivalent a Montreal.....
mais ca demande :
1) des étudiants sérieux;
2) des parents qui veulent invertir des $$$
3) des administrateurs sérieux et crédibles;

et du personnel disponible pour donner de la formation, mais ce n est surement pas ce qui manque....
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Message par benoitstpierre »

Louis,

J'adore la pertinence de ta remarque sur une supposition tout à fait accessoire à mon propos.
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La vraie vérité vraie ?

Message par Observateur »

J'observe cette discussion depuis quelques temps. Et j'admets d'entrée de jeu qu'elle me fait bien rire. Surtout parce que le sujet principal y était la promotion des échecs en Turquie, alors que probablemen personne ici n'y connaît quoi que ce soit, ni y a intérêt, et aussi parce que le premier intervenant a "oublié" d'indiquer que l'article en référence était une plainte de la Turquie vis-à-vis l'union Européenne des échecs et non une publicité incitative.

Je constate que Dominick Blanchette, Jean Hébert, Louis Morin, Mario Alain et Benoît St-Pierre occupent une place passablement importante dans ce qui semble maintenant être une discussion sur ce qui serait, ou devrait être, la meilleure marche à suivre pour les échecs québécois. On parle de profesionnels, de champions, de haut niveau et de passion, particulièrement chez les jeunes.

Cependant, on omet de mentionner une chose. Quels sont les qualifications des "intervenants" ? Pourquoi eux, plus que d'autres auraient soudainement "la vraie vérité vraie" ? Peut-on se fier à ce qu'ils nous disent ou sont-ce seulement des impressions personnelles ou des opinions ?

Par exemple, on discute d'enseignement d´échecs. Est-ce que quelqu'un ici possède une certification de professeur d'échecs par la FIDE ? Même un niveau de base ?

Je ne cherche pas à diminuer l'importance des intervenants, au contraire. Je cherche à connaître les qualifications de chacun sur la question. Mais j'ai bien peur qu'en soulevant la question, je n'aie droit encore une fois qu'à l'anonymoserie...(il ne faudrait surtout pas s'informer de choses pertinentes et remettre en question des énoncés sans références). Qui ici enseigne les échecs ? Est-ce que quelqu'un possède un diplôme reconnu pour ce faire? Sur quelles "études" ou quelles recherches sont basées les interventions ici présentes ? "L'expérience personnelle" ou des références scientifiques ?

Je terminerai mon intervention en mentionnant que ce questionnement de ma part est survenu après que l'on ait mentionné que:

1. Au cours des dernières 20 annnées, au Québec, seulement 2 personnes sont ressorties du lot et atteint un "niveau professionnel". Mais en même temps, les aucun des deux n'a poursuivi de carrière dans le domaine. (2 sur combien ? Peut-on prétendre que les milliers d'autres ont été mal dirigés ? Ont "souffert" de mauvais enseignement des échecs (ou de la mauvaise façon)?)

2. Pour parler de ce qui devrait ou pourrait être fait au Québec, aucun exemple québécois en référence.

3. Les échecs étaient "marginaux" en Amérique du Nord et de ce fait attirent des personnes marginales, alors qu'en Europe et dans le monde, les échecs sont bien perçus, donc il n'y aurait pas ce problème de "personnes marginales" (inexistant était le mot employé).

En gros, peut-on aller de l'avant avec cette discussion (est-ce même utile d'en parler?) ou est-ce simplement un autre "débat stéril" par des gérants d'estrade du dimanche ?
Observateur
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Message par Observateur »

Et avant qu'un de nos brillants esprits ne tente de faire dire à mes écrits ce qu'ils ne disent pas, je prendrai donc la peine de spécifier "l'endroit ou je m'en vais" avec mes questions.

Je note une insatisfaction (presque complète) de ce qui se fait présentement. Constater "ce fait" est une chose. Malgré tout, plusieurs tentent de s'impliquer depuis plusieurs années et de "faire une différence".

Est-ce que cette discussion se veut un constat d'échec envers les décideurs et ceux qui enseignent les échecs "de la mauvaise façon" et sans qualification spécifique depuis toujours ? Est-ce que "créer des champions" est une nécéssité pour le développement des échecs ou simplement une "utilité" servant l'agenda de quelques uns ? (Autant les fédérations que les "profs d'échecs")

Alors est-ce que le raisonnement à avoir ne serait pas "d'effacer" et de sortir ces individus du monde des échecs et d'inviter de nouveaux "visionnaires" à prendre leur place avec une "stratégie de développement" mieux adaptée et beaucoup plus appropriée ? Évidemment ici on parle de personnes "vraiment" qualifiées qui sauraient donc nous mener dans la bonne direction.

Est-ce qu'alors être professeur d'échecs deviendra une "vraie" profession reconnue avec déductions fiscales, congés fériés et tout le tralala ? (Alors que selon M. Morin et M. Hébert, pour le moment ça semble plus le "logement" d'un petit groupe de "misfits" et de marginaux).

Voilà donc le sens de mon questionnement.
Louis Morin
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Message par Louis Morin »

benoitstpierre a écrit : Louis,

J'adore la pertinence de ta remarque sur une supposition tout à fait accessoire à mon propos.
OK Benoit, puisque tu insistes, je vais me pencher sur le fond de ton propos.
benoitstpierre a écrit :Mais si un parent appelle à la FQE pour qu'elle lui donne une idée des perspectives de carrière (supposons que son enfant a 7-8 ans, qu'il est sur le point de devenir expert ou maître et qu'il rêve de devenir le futur Anand), alors la FQE a tout intérêt à préparé fait la recherche que j'ai mentionnée.
Des parents qui appellent pour s'informer des perspectives de carrière aux échecs pour leur enfant, ça ne m'est jamais arrivé durant mes 15 ans et plus d'emploi à la Fédération. Le directeur général Richard Bérubé ne se souvient pas non plus qu'on lui ait posé pareille question.

Pourtant, le téléphone ne dérougit pas aux bureaux de la FQE. Mais je dirais que les trois premières préoccupations des membres sont, par ordre de fréquence:

1) signaler un changement d'adresse;

2) tout ce qui concerne le système de cote, par exemple «J'ai calculé que ma cote devrait être 1236, mais d'après votre site elle est seulement à 1225. Comment ça se fait?»;

3) tout ce qui concerne le membership, par exemple «Je ne trouve plus ma carte de membre. Pouvez-vous m'en envoyer une autre?».

Rien qui nécessite de grandes recherches, mais c'est quand même ça la réalité...
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benoitstpierre
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Message par benoitstpierre »

Louis,

Je sais bien qu'en réalité la FQE a très peu de contact avec les jeunes et qu'en conséquence si elle favorise l'émergence de futurs champions, c'est de manière bien détournée. Mais je partais de ton idée selon laquelle une fédération devrait chercher à favoriser l'émergence de futurs champions. Et puisque tu t'intéressais à ce que pouvait dire Dominick aux parents de ses élèves à ce sujet, je me suis dit que ça serait intéressant pour la FQE de savoir, elle, quoi répondre, étant donné que c'est un sujet assez important pour un futur champion qui émerge.

Ceci dit, l'essentiel de ta réponse me semble pouvoir être une position que la FQE pourrait diffuser sur une éventuelle Foire Aux Questions...
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